L'opposition syrienne plaide sa cause dans la tourmente

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L'opposition syrienne plaide sa cause dans la tourmente
L'opposition syrienne plaide sa cause dans la tourmente

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Les Amis du peuple syrien se réunissent vendredi à Paris, où l'opposition tentera d'enterrer ses divisions avec en toile de fond l'intensification des combats et l'échec persistant de la diplomatie.

Les représentants des pays opposés à la répression orchestrée par le régime de Bachar al Assad y côtoieront, pour la troisième fois après des réunions similaires à Tunis et Istanbul, des membres d'une opposition qui paraît plus hétéroclite et divisée que jamais.

Les querelles entre opposants syriens sont apparues au grand jour lorsqu'ils en sont venus aux mains cette semaine lors d'une réunion dans un palace du Caire.

La recherche d'une solution diplomatique ne progresse guère plus, la Russie et la Chine ayant à nouveau refusé, lors d'une réunion à Genève le week-end dernier, d'appuyer une déclaration réclamant une transition politique prévoyant la mise à l'écart de Bachar al Assad.

Le plan de l'émissaire de l'Onu Kofi Annan, qui prône un désengagement militaire des forces de la répression et l'établissement d'un dialogue politique, paraît lui aussi dans l'impasse. Il faudrait en effet, pour l'imposer, une résolution contraignante de l'Onu à laquelle la Russie et la Chine risqueraient d'opposer à nouveau leur veto.

Sur le terrain, l'armée syrienne a continué ces derniers jours de bombarder les positions rebelles, notamment à Douma, dans la banlieue de Damas. Le conflit, qui dure depuis mars 2011, a fait plus de 15.000 morts, dit-on de sources syriennes et occidentales et aucune accalmie ne se dessine.

Dans ces conditions, une troisième réunion des Amis de la Syrie sert-elle vraiment à quelque chose ?

Oui, insiste-on à Paris, où l'on souligne qu'une centaine de délégations seront présentes vendredi et que la mobilisation contre le régime syrien marque des points.

A part une petite poignée de chefs de gouvernement, les participants ne seront cependant "que" des ministres des Affaires étrangères, voire des officiels d'un grade inférieur.

La Russie, soutien militaire du régime de Bachar al Assad, a décliné l'invitation et la Chine, qui s'aligne depuis le début de la crise sur les positions de Moscou, ne sera pas présente non plus.

LA VOIX DE HOLLANDE

François Hollande, qui lancera les débats par un discours, n'en aura pas moins l'occasion de faire entendre sa voix sur la scène internationale après une séquence domestique chargée.

Quant au chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, il présentera les conclusions de la réunion qui, dit-on de source diplomatique à Paris, devraient comporter des mesures concrètes de soutien aux opposants et aux victimes de la répression, notamment sous la forme d'une aide humanitaire.

La position de la France est connue : elle souhaite le départ de Bachar al Assad et une transition politique. Consciente des difficultés rencontrées dans la recherche d'une solution négociée, elle veut croire à une victoire claire et nette de l'opposition sur le terrain.

"Le rapport de forces a changé depuis trois semaines", note une source diplomatique française. "Il existe des zones dans lesquelles les forces de sécurité n'ont plus accès. Elles ne sont pas très grandes mais certaines sont connectées."

Autre option envisagée par Paris : une intervention de la Russie, qui fournit des armes à la Syrie, pour faire pression sur Bachar al Assad afin qu'il s'écarte.

Là encore, la France constate une évolution qu'elle juge encourageante. "Nous entendons, dans les cercles politiques et militaires russes, des choses surprenantes que nous n'entendions pas jusqu'à présent", confie un diplomate français.

En clair, Moscou pourrait consentir bientôt, du bout des lèvres, à discuter de l'après-Bachar al Assad.

Quant aux opposants, au moins pourront-ils témoigner des horreurs qu'ils endurent.

La réunion de Paris, insiste la France, sera politique. Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) n'y seront donc pas représentés et tandis que l'avenir de leur pays sera évoqué dans la capitale française, il seront engagés sur le terrain dans d'intenses combats, chaque jour plus meurtriers.

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