L'opposition syrienne ouvre une ambassade au Qatar

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L'OPPOSITION SYRIENNE OUVRE SA PREMIÈRE AMBASSADE À DOHA
L'OPPOSITION SYRIENNE OUVRE SA PREMIÈRE AMBASSADE À DOHA

par Yara Bayoumy et Regan Doherty

DOHA (Reuters) - La Coalition nationale syrienne (CNS), reconnue par la Ligue arabe comme seule représentante du peuple syrien, a ouvert mercredi sa première ambassade, à Doha, au Qatar, nouveau revers diplomatique pour le président Bachar al Assad.

Le président démissionnaire de la CNS, Moaz al Khatib, a profité de la cérémonie d'inauguration pour critiquer l'insuffisance, selon lui, de l'aide internationale aux rebelles syriens, qui luttent depuis deux ans pour renverser le régime de Damas. Le conflit a fait 70.000 morts depuis mars 2011.

"Il y a une volonté internationale de ne pas voir triompher la révolution", a déclaré aux journalistes Moaz al Khatib, ancien imam de la mosquée des Ommeyyades à Damas qui continue de diriger la CNS dans l'attente de la désignation de son successeur.

Moaz al Khatib et le ministre d'Etat qatari aux Affaires étrangères, Khalid al Atiyah, ont coupé le ruban à l'entrée de l'ambassade en présence d'ambassadeurs de pays arabes et occidentaux.

A Damas, les autorités syriennes ont laissé éclater leur colère contre le Qatar, responsable selon elles de la décision de la Ligue arabe d'attribuer le siège syrien de l'organisation à l'opposition.

"L'émir du Qatar, la plus grande banque de soutien au terrorisme dans la région, a ouvert sa présidence de la Ligue arabe en détournant cette présidence avec l'argent sale de son pétrole", écrit l'agence de presse officielle syrienne Sana.

L'émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa al Thani, "a commis une violation flagrante du pacte de la Ligue en invitant l'organisation difforme, la 'coalition de Doha', à usurper le siège de la Syrie à la Ligue", ajoute Sana.

"UNE MESURE ANTI-SYRIENNE"

Pour le ministère russe des Affaires étrangères, "on a pris à Doha une nouvelle mesure anti-syrienne".

"Ce qui s'est passé au sommet de la Ligue arabe à Doha et les décisions prises là-bas, sans tenir compte des objections de certains Etats membres, suscitent la perplexité, pour ne pas dire plus," dit-il.

"En fait, il s'agit d'encourager ouvertement les puissances qui continuent malheureusement à parier sur une solution militaire en Syrie", ajoute le ministère russe.

L'Iran juge pour sa part "dangereuse" la décision de la Ligue arabe.

"Confier le siège de la Syrie à ceux qui n'ont pas le soutien du peuple établit un mode de fonctionnement dangereux pour le monde arabe et qui peut créer un précédent", a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdullahian.

"De tels actes vont mettre fin au rôle de l'organisation dans la région", a-t-il ajouté.

L'Iran, principal soutien du président Assad, a proposé un plan en six points pour régler le conflit syrien en insistant sur la nécessité de procéder à des réformes et à des élections.

Téhéran refuse cependant le départ forcé du pouvoir d'Assad et estime que la solution ne peut être imposée de l'extérieur aux Syriens.

PAS DE "PATRIOT" POUR LES REBELLES

Dans une interview à Reuters, Moaz al Khatib a dit sa surprise face au refus des Etats-Unis et de l'Otan de protéger avec ses missiles "Patriot" déployés en Turquie les zones du nord de la Syrie tombées aux mains de la rébellion.

"Hier, j'ai été très surpris des propos tenus par la Maison blanche disant qu'il n'était pas possible d'accroître le rayon d'action des missiles 'Patriot' pour protéger le peuple syrien", a-t-il souligné. "J'ai très peur que cela ne soit interprété comme un message au régime syrien disant 'faites ce qu'il vous plaît'."

A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a répété que l'Alliance n'avait pas l'intention d'intervenir en Syrie et a de nouveau plaidé pour "une solution politique".

Pour l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, acteur d'une médiation avortée l'an dernier, armer l'opposition syrienne ne mettra pas fin au conflit et il faut éviter de "jeter de l'huile sur le feu".

"Je ne vois pas une intervention militaire en Syrie. Nous avons trop attendu et je ne suis pas certain que cela n'aggraverait pas les choses", a-t-il dit lors d'une conférence mardi soir à Genève.

"Quant à une militarisation accrue du conflit, je ne suis pas sûr que c'est la meilleure façon d'aider le peuple syrien. Celui-ci attend que le massacre s'arrête. Ceux qui sont loin de la Syrie sont ceux qui veulent y faire entrer des armes", a-t-il ajouté.

Avec William Maclean, Oliver Holmes, Erika Solomon, Marcus George et Gabriela Baczynska, Pascal Liétout, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • newwin le mercredi 27 mar 2013 à 17:40

    QATAR LA NOUVELLE PLAIE MODIALE

  • newwin le mercredi 27 mar 2013 à 17:39

    LIGUE ARABE MON EIL LIGUE QATARI US OUI

  • LeRaleur le mercredi 27 mar 2013 à 17:24

    Et toujours le Qatar...

  • M2280901 le mercredi 27 mar 2013 à 17:19

    les barbus envahissent la planète , va falloir réagir une fois pour toutes