L'opposition syrienne évoque un signe de progrès à Genève

le , mis à jour à 20:32
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    * Damas aurait accepté de discuter de transition politique 
    * La Russie aurait fait pression sur les délégués 
gouvernementaux 
    * L'opposition doit rencontrer le vice-ministre russe des AE 
 
 (Ajoute source gouvernementale §4) 
    par John Irish et Tom Miles 
    GENEVE, 1er mars (Reuters) - L'opposition syrienne a évoqué 
mercredi un premier signe de progrès dans les négociations de 
paix de Genève, annonçant que les délégués de Damas avaient, 
sous la pression de la Russie, accepté pour la première fois 
d'aborder la question d'une transition politique. 
    Après six jours de tractations sous l'égide des Nations 
unies consacrées uniquement au format des discussions, le 
négociateur de l'opposition Nasser al Hariri est sorti d'un 
entretien de deux heures avec l'émissaire de l'Onu Staffan de 
Mistura en évoquant un "bon départ".  
    "Il y a eu de véritables discussions sur le fond, pour la 
première fois", a-t-il dit. "Nous notons que désormais, la 
question de la transition politique est devenue le principal 
sujet sur la table." 
    Selon une source proche de la délégation gouvernementale, 
les négociateurs de Damas ont eu deux jours de discussions 
approfondies et constructives avec Staffan de Mistura et accepté 
de discuter de questions politiques, mais également réussi à 
placer la lutte contre le terrorisme au menu des négociations.  
    L'opposition insiste sur la transition politique, qu'elle 
voit comme un moyen de mettre un terme au règne autocrate du 
président syrien Bachar al Assad.  
    Mais le gouvernement syrien, qui a abordé ces négociations 
après des victoires militaires majeures sur le terrain, s'était 
jusque-là refusé à en débattre.  
    Selon Nasser al Hariri, le chef de la délégation 
gouvernementale, Bachar Djaafari, a été contraint par Moscou de 
lâcher cette concession.  
    "Nous avons appris par de Mistura qu'en raison de la 
pression exercée par la Russie - et c'est un signe qui peut 
paraître encourageant à première vue -, il y avait accord pour 
aborder les questions inscrites dans (la résolution du Conseil 
de sécurité) 2254 et, ce qui est le plus important, la 
transition politique", a déclaré Nasser al Hariri. 
     
    BOMBARDEMENTS AU NORD-EST DE DAMAS 
    La résolution 2254, adoptée en décembre 2015, définit un 
processus de transition politique comprenant notamment 
l'adoption d'une nouvelle Constitution, l'organisation 
d'élections supervisées par l'Onu et un mode de gouvernement 
transparent et responsable. 
    Hariri devait encore rencontrer dans la journée de mercredi 
le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, 
ce qu'un diplomate occidental présente comme une "étape 
importante", observant que lors des précédents pourparlers de 
Genève il y a dix mois, la Russie, comme la Syrie, considérait 
les représentants de l'opposition comme des terroristes.  
    Selon deux diplomates occidentaux, les délégués du 
gouvernement syrien ont bien accepté d'examiner trois solutions 
politiques présentées par Staffan de Mistura. Mais ils ont 
également réitéré leur position affichée de longue date selon 
laquelle les discussions sur la lutte antiterroriste doivent 
être prioritaires et intégrées dans les négociations.  
    "On peut se demander si ce n'est pas encore une ruse pour 
gagner du temps", a commenté l'un de ces diplomates.  
    Hariri a également accusé la délégation gouvernementale de 
chercher à entraver les progrès dans les discussions et à 
accroître la violence sur le terrain pour saborder le processus 
de négociation. 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), a 
rapporté que les bombardements gouvernementaux sur la périphérie 
nord-est de Damas s'étaient intensifiés mercredi.  
    Des combats entre forces loyalistes et rebelles ont coûté la 
vie à 13 militaires syriens, a-t-il ajouté.  
    Le cessez-le-feu conclu fin décembre sous le parrainage de 
la Russie et de la Turquie est loin d'avoir mis fin aux 
affrontements.  
    Moscou a annoncé que de nouvelles discussions "techniques" 
sur la trêve auraient lieu le 14 mars à Astana, au Kazakhstan. 
  
 
 (Avec Kinda Makieh à Damas; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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