L'opposition syrienne entretient le doute sur Genève

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    par Suleiman Al-Khalidi 
    AMMAN, 26 janvier (Reuters) - L'opposition syrienne, qui 
accuse les Etats-Unis d'adopter les idées "inacceptables" de 
Moscou et Téhéran, a entretenu le doute mardi sur sa présence 
aux négociations qui doivent s'ouvrir à Genève sous l'égide de 
l'Onu. 
    L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de 
Mistura, a indiqué qu'il espérait que ce dialogue politique 
entre des représentants du gouvernement de Bachar al Assad et de 
l'opposition et des rebelles pourrait s'ouvrir vendredi. (voir 
 ID:nL8N1593UI ) 
    Les négociations, appuyées par une résolution du Conseil de 
sécurité des Nations unies, devaient initialement débuter lundi 
mais le calendrier n'a pu être tenu du fait notamment de fortes 
divergences sur la composition de la représentation de 
l'opposition. 
    Interrogé par la chaîne de télévision Al Hadath, Asaad al 
Zoubi, qui doit diriger l'équipe des négociateurs de 
l'opposition, a fait part de son pessimisme avant une nouvelle 
réunion programmée à Ryad, la capitale saoudienne, où un Haut 
conseil pour les négociations (HNC) a été créé le mois dernier 
par des groupes de l'opposition politique et armée pour 
superviser le processus de transition politique. 
    Si aucune mesure n'est prise en guise de bonne volonté, 
a-t-il dit, "il n'y aura pas de négociations". 
    Les opposants réclament notamment du régime syrien et de ses 
alliés un arrêt des bombardements, une levée du blocus de 
secteurs assiégés et la libération de détenus. 
    Zoubi s'en est pris également à l'attitude des Etats-Unis et 
de leur secrétaire d'Etat, John Kerry, à qui il reproche 
d'"adopter, même en théorie ou partiellement, des initiatives 
iraniennes et russes". 
    Il a également affirmé que Staffan de Mistura, troisième 
envoyé spécial nommé par l'Onu depuis le début du conflit, en 
mars 2011, "ne peut pas imposer de conditions" à l'équipe des 
négociateurs de l'opposition.      
     
    IMBROGLIO KURDE 
    A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï 
Lavrov a réaffirmé pour sa part qu'il ne serait pas possible de 
parvenir à un accord de paix en Syrie si les Kurdes ne 
participaient pas aux négociations. 
    Exclure les Kurdes de la table des négociations serait 
"injuste" et "contre-productif", a-t-il jugé mardi matin. (voir  
 ID:nL8N15A24N ) 
    L'opposition sunnite syrienne juge elle que le Parti de 
l'union démocratique (PYD), principale formation kurde syrienne, 
devrait siéger dans le camp du gouvernement. 
    Le PYD chapeaute la puissante milice des Unités de 
protection du peuple (YPG) qui contrôle de vastes territoires 
dans le nord et le nord-est de la Syrie, où elle s'est imposée 
comme une alliée importante des Etats-Unis dans la lutte contre 
l'Eat islamique (EI). 
    Son co-président, Saleh Muslim, a déclaré mardi à Reuters: 
"Nous serons invités mais nous ne savons pas avec quel statut." 
    La Turquie, qui voit dans les Kurdes syriens une extension 
du Parti des travailleur du Kurdistan (PKK), considéré comme une 
organisation terroriste, rejette toute participation du PYD. 
    En France, interrogé sur l'insistance des Russes à intégrer 
la formation kurde syrienne aux discussions de Genève, le 
ministère des Affaires étrangères a rappelé que "le groupe de 
l'opposition issu de la conférence de Ryad rassemble pour la 
première fois un large spectre de politiques et militaires non 
djihadistes qui se sont engagés autour d'un projet commun pour 
une Syrie unie, libre, démocratique et respectueuse de tous".  
    "C'est donc à lui qu'il revient d'être l'interlocuteur du 
régime dans les négociations", a ajouté le porte-parole du Quai 
d'Orsay. 
 
 (avec Tom Perry à Beyrouth, Vladimir Soldatkin à Moscou, 
Stephanie Nebehay à Genève et Marine Pennetier à Paris; Pierre 
Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • charleco il y a 10 mois

    "L'opposition syrienne" : les amis islamistes de Fabius?