L'opposition syrienne du HCN confirme son départ de Genève

le , mis à jour à 22:42
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    * L'envoyé spécial de l'Onu veut croire à une poursuite du 
processus 
    * "Il ne faut jamais renoncer", dit Staffan de Mistura 
    * Damas accuse Paris, Londres et Ryad de soutenir le 
terrorisme 
    * Les USA s'inquiètent d'un accroissement des livraisons 
militaires russes 
 
    par John Irish et Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 21 avril (Reuters) - Tous les membres de la 
délégation du Haut Comité des négociations (HCN) mis sur pied 
par l'opposition pour les discussions de paix sur la Syrie vont 
quitter Genève mais l'envoyé spécial de l'Onu, Staffan de 
Mistura, a affirmé que les pourparlers se poursuivraient la 
semaine prochaine. 
    "Il ne faut jamais renoncer", a-t-il dit jeudi soir sur 
l'antenne de la télévision suisse RTS. 
    "On ne peut pas laisser tomber cela, il faut renouveler le 
cessez-le-feu, il faut accélérer l'aide humanitaire et on va 
demander aux pays parrains (ndlr, du processus) de se réunir", a 
poursuivi le diplomate italo-suédois. 
    De Mistura s'exprimait alors que le négociateur en chef du 
HCN, Asaad Zoubi, a confirmé que tous les membres de la 
délégation mise en place par l'opposition avec le soutien de 
l'Arabie saoudite et des Occidentaux allaient quitter Genève. 
    Avant son départ, un autre négociateur de l'opposition, 
Mohammad Allouch, représentant les rebelles du Jaïsh al Islam, a 
exposé devant la presse les conditions d'un éventuel retour. 
    "A (Bachar) Djaafari (ndlr, le chef de la délégation de 
Damas), nous disons: s'il souhaite un véritable gouvernement 
d'unité nationale, il doit d'abord libérer les 10.000 femmes qui 
sont dans les prisons, et les dizaines de milliers d'autres. Et 
cesser les massacres commis chaque jour (...) Alors peut-être 
les négociations reprendront", a-t-il dit. 
    Le HCN avait prévenu lundi qu'il ne pourrait continuer 
compte tenu de la détérioration de la situation militaire, de 
l'absence de progrès sur les questions humanitaires et de 
l'impasse totale dans les discussions relatives à la libération 
de prisonniers. 
    Selon un diplomate, c'est Riad Hidjab, le principal 
coordinateur du HCN, qui a donné pour instruction à toute la 
délégation de partir. 
    "Cela m'attriste et je pense qu'il s'agit d'une erreur", a 
déclaré le diplomate. "Il sera très difficile pour eux de 
revenir en raison de la situation sur le terrain d'autant que le 
régime sait qu'un bombardement les éloignera (de la table des 
négociations)", a-t-il ajouté. 
    Un haut diplomate occidental disait mercredi craindre que 
les négociations conduites sous les auspices des Nations unies 
ne reprennent pas avant au moins un an si elles étaient 
abandonnées ces jours-ci.   
    Mais Staffan de Mistura, même s'il prévient qu'"il n'y a pas 
de miracle à attendre", veut croire que les discussions 
reprendront. "Il y a beaucoup de gesticulations politiques, et 
c'est normal", a-t-il dit au sujet du départ des négociations de 
l'opposition. Mais, a-t-il insisté, "il faut terminer cette 
tragédie". 
     
    "IL SERAIT PRÉJUDICIABLE POUR LA RUSSIE D'AMENER EN SYRIE 
    DAVANTAGE D'ÉQUIPEMENTS MILITAIRES OU DAVANTAGE D'HOMMES" 
    La reprise d'intenses combats a mis à mal l'accord de 
"cessation des hostilité" entré en vigueur le 27 février à 
l'initiative de la Russie et des Etats-Unis dans le but affiché 
de permettre le bon déroulement des pourparlers de paix entre 
l'opposition et le régime de Bachar al Assad. 
    "Il est compréhensible que l'opposition se sente dans 
l'incapacité de rester davantage compte tenu des attaques 
prolongées du régime syrien contre des civils syriens et de la 
poursuite des stratégies de siège et de famine", a dit un 
deuxième diplomate de haut rang, s'exprimant lui aussi sous 
couvert de l'anonymat. 
    A Moscou, le président russe Vladimir Poutine s'est dit 
préoccupé par la "grave dégradation" des pourparlers de Genève, 
rapporte jeudi l'agence de presse Tass citant un porte-parole du 
Kremlin. 
    Les Etats-Unis ont pour leur part exprimé leurs 
préoccupations devant les informations selon lesquelles la 
Russie accélère les livraisons de matériel militaire en Syrie 
pour soutenir le régime de Bachar al Assad. 
    "Les informations faisant état de livraisons de matériel 
russe en Syrie nous préoccupent", a déclaré Ben Rhodes, 
conseiller adjoint de la Maison blanche à la sécurité nationale. 
"Nous pensons qu'il serait préjudiciable pour la Russie d'amener 
en Syrie davantage d'équipements militaires ou davantage 
d'hommes. Nous pensons que nos efforts portent davantage leurs 
fruits lorsqu'ils portent sur une résolution diplomatique du 
conflit", a-t-il ajouté en marge de la visite de Barack Obama en 
Arabie saoudite. 
    Alors que le processus de négociations ouvert à Genève sous 
médiation de l'Onu semble plus que compromis, le gouvernement 
syrien a accusé la France, la Grande-Bretagne, ainsi que les 
puissances régionales saoudienne, turque et qatarie de soutenir 
le terrorisme et d'alimenter les combats dans le pays. 
    "Ces régimes s'efforcent d'intensifier les actions 
terroristes, de soutenir les terroristes et de détruire l'accord 
de cessation des hostilités trouvé par la Russie et les 
Etats-Unis", a déclaré le Premier ministre syrien, Wael al 
Halaki, selon l'agence de presse officielle Sana.         
 
 (avec Bushra Shakhshir et les correspondants de Reuters; 
Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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