L'opposition prête à revenir sur l'imposition à la source

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Gilles Carrez estime qu'en cas de victoire de la droite à la présidentielle de 2017 le dispositif pourrait être revu dès l'été. François Bayrou a, de son côté, apporté son soutien au gouvernement.

«Il faudra revenir dessus.» Gilles Carrez, président Les Républicains de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, n'a pas caché ce lundi ses intentions à l'encontre de l'imposition à la source mise en place par le gouvernement. Interrogé par Europe 1, il a estimé qu'il sera «tout à fait temps à l'été 2017» de revenir sur ce dispositif contesté. «Aujourd'hui nous avons un système qui fonctionne correctement, avec des prélèvements mensuels, avec la déclaration préremplie, avec une bonne réactivité des services fiscaux en cas de changement de situation, tout cela marche bien, a-t-il justifié. Et donc je ne vois pas d'avantage technique. Au contraire, on va avoir des problèmes de confidentialité, avec ce nouveau système. Ça va créer une charge pour les employeurs.»

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Pour Gilles Carrez, la mise en place de l'imposition à la source est «de nature politique». Il s'agirait en fait «de fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG». «Et ça c'est très grave et très dangereux pour les classes moyennes, moyennes supérieures, parce que rendre la CSG progressive, faire en sorte que la CSG ne soit plus payée par la moitié des foyers fiscaux, comme c'est le cas de l'impôt sur le revenu, aura des conséquences très dommageables sur les classes moyennes, moyennes supérieures», anticipe Gilles Carrez.

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Une imposition en temps réel par l'administration fiscale?

Un peu plus tôt, Éric Woerth, secrétaire général du parti d'opposition et ancien ministre du Budget, avait lui aussi affiché son aversion pour le nouveau dispositif de collecte de l'impôt sur le revenu. «Les entrepreneurs doivent entreprendre, doivent investir, ils doivent créer de l'emploi, faire des profits, ils doivent redistribuer ces profits en salaires, à leurs actionnaires, pas du tout se mettre à être un agent du fisc de cette manière, qui est donc une erreur», a-t-il estimé sur France Inter.

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Contrairement à Gilles Carrez, Éric Woerth est toutefois disposé à ce que certains changements aient lieu. «Je suis favorable à une chose, [qu']on évite d'avoir une année de décalage entre l'impôt et le revenu», a-t-il souligné. Mais pas question pour lui que les entreprises se chargent de la collecte. «Faire en sorte que l'administration fiscale, et pas les entreprises, prélèvent mensuellement, non pas sur les revenus de l'année passée, mais sur les revenus réels de l'année, c'est possible, a-t-il affirmé. Les entreprises ou les employeurs peuvent transmettre quasiment en temps réel à l'administration fiscale les revenus et je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne s'est pas engagé dans cette voie.»

Le gouvernement de Manuel Valls peut toutefois se targuer d'un soutien, celui de François Bayrou, président du MoDem, qui a estimé que l'imposition à la souce constituait «une très bonne idée». «Cela permettra que tous les contribuables se sentent plus légers face à l'impôt et que quand de l'argent rentre à la fin du mois, ce soit de l'argent net d'impôt.» L'ancien candidat à la présidentielle a néanmoins reconnu que sa mise en place relèverait de «l'extrême difficulté». «On a des difficultés d'adaptation qui sont des difficultés très importantes, mais l'impôt à la source est une modernisation utile à condition qu'il y ait un consensus très grand et à condition qu'on ait pris toutes les précautions nécessaires.»

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  • V.BENACE il y a 4 mois

    Si la réforme est tellement "intelligente", pourquoi le gouvernement ne l'a-t-il pas réalisée dès 2012/2013?Il donne l'impression de se débarrasser des difficultés d'application sur ses successeurs. Ce n'est pas joli-joli.....

  • heimdal il y a 4 mois

    Il n'a jamais dit changement de majorité mais sans majorité ,ce qui veut dire 49.3

  • frk987 il y a 4 mois

    Si l'UMP n'annule pas cette ânerie sans nom, ils se passeront de ma voix.