L'opposition nigériane dénonce une "parodie" d'élections

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par Julia Payne PORT HARCOURT, 29 mars (Reuters) - Confusion et violences ont émaillé les élections présidentielle et législatives nigérianes, dont l'opposition a récusé les résultats dimanche sans même attendre la fermeture des bureaux de vote. Le All Progressive Congress (APC), dont le chef de file Muhammadu Buhari, un musulman du Nord, brigue la succession du président Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, accuse des partisans du chef de l'Etat sortant d'avoir tué plusieurs de ses militants dans l'Etat de Rivers, haut lieu de l'industrie pétrolière nationale. "Des milices armées (...) multiplient les meurtres de membres de l'APC. Beaucoup ont déjà été tués", dit le mouvement dans un communiqué. "Quelles que soient les bêtises qui seront annoncées en guise de résultats du scrutin d'aujourd'hui, elles ne sont pas acceptables pour nous (...)", poursuit-il, dénonçant une "parodie" d'élection. Lors du précédent scrutin, en 2011, la défaite de Muhammadu Buhari face à Goodluck Jonathan avait donné à des violences qui ont fait 800 morts et 65.000 sans-abri dans le Nord musulman. Entamées samedi, les opérations de vote ont été prolongées dimanche en raison de problèmes techniques liés à lecture des cartes d'électeurs biométriques introduites pour limiter les fraudes. Sur les treize prétendants à la succession de Goodluck Jonathan, seul l'ancien général Muhammadu Buhari, qui a été au pouvoir dans les années 80, semble en mesure de l'inquiéter. La victoire d'un candidat de l'opposition serait une première dans le pays le plus peuplé d'Afrique, en proie depuis six ans aux violences des islamistes de Boko Haram. Des membres de la secte s'en sont pris samedi à des électeurs dans les Etats de Yobe et de Gombe, rapporte la police qui fait état de 14 morts en tout, dont un candidat de l'opposition. Vingt-cinq personnes ont par ailleurs été tuées vendredi par des membres Boko Haram à Buratai, village isolé du Nord-Est, a annoncé samedi le gouverneur de l'Etat de Borno. Le groupe armé, qui veut instaurer un califat régi par la charia, a menacé de s'en prendre à tous ceux qui iraient voter. Avec l'aide de contingents tchadien, camerounais et nigérien, l'armée a repris une bonne part des territoires dont il s'était emparé, mais le mouvement continue à s'en prendre quotidiennement aux civils dans le Nord-Est. (Avec Abraham Terngu à Abuja, Tife Owolabi à Port Harcourt; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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