L'opposition burundaise redoute une vague d'assassinats

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NAIROBI, 7 novembre (Reuters) - L'opposition burundaise dit craindre une vague d'éliminations ciblées à l'expiration, samedi, de l'ultimatum du président Pierre Nkurunziza pour que les armes à feu illégalement détenues dans le pays soient remises aux autorités, faute de quoi leurs détenteurs seront traités en ennemis de l'Etat. "La police et la milice gouvernementale exterminent systématiquement les membres de l'opposition", a déclaré samedi le président du parti d'opposition Uprona (Union pour le progrès national), Charles Nditije. De nombreux habitants de Bujumbura ont quitté la capitale, a constaté un journaliste de Reuters. Certains disent avoir été fouillés par de jeunes miliciens portant des uniformes des forces gouvernementales. Vendredi, le corps de Fleury Nzitonda, fils d'un célèbre défenseur des droits de l'homme, Pierre Claver Mbonimpa, a été retrouvé à Bujumbura, rapportent des groupes de défense des droits et des témoins. Selon la police, Nzitonda a été abattu par la police avec trois autres hommes armés et le groupe s'apprêtait à jeter des grenades sur les forces de l'ordre. Le gouvernement n'a pas pu être joint pour s'exprimer à ce sujet. Le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a estimé que Fleury Nzitonda avait été assassiné. "Cet assassinat renforce les craintes d'une politique systématique visant les membres de l'opposition, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les citoyens ordinaires perçus comme des opposants au gouvernement", a déploré le responsable onusien dans un communiqué. Selon le porte-parole de l'Onu Stéphane Dujarric, des corps de civils ont été régulièrement découverts ces dernières semaines autour de la capitale et il semble que nombre de ces victimes aient été la cible d'exécutions sommaires. Pierre Claver Mbonimpa a lui-même été agressé en août. Il est actuellement soigné en Belgique. Son gendre a été tué le mois dernier. Au moins 200 personnes ont péri dans des violences et manifestations au Burundi depuis que Pierre Nkurunziza a annoncé en avril sa volonté de briguer un troisième mandat consécutif, ce qui viole la Constitution aux yeux de ses opposants. Pierre Nkurunziza a été réélu le 21 juillet dans un climat de contestation et des dizaines de milliers d'habitants ont fui le pays. La communauté internationale s'inquiète du risque de violences intercommunautaires dans ce pays longtemps en proie à la guerre civile entre Tutsis et Hutus. Le Conseil de sécurité de l'Onu doit se réunir lundi pour examiner la situation. (Edith Honan; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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