L'opposition accuse l'armée syrienne de pilonner Homs

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DES QUARTIERS DE HOMS BOMBARDÉS
DES QUARTIERS DE HOMS BOMBARDÉS

par Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - L'opposition syrienne a accusé les forces loyales au président Bachar al Assad de pilonner samedi la ville de Homs (centre), faisant un mort, au troisième jour de la trêve, globalement respectée, négociée par Kofi Annan.

Le Conseil de sécurité de l'Onu doit se réunir à 15h00 GMT pour se prononcer sur un projet de résolution d'inspiration occidentale et arabe autorisant l'envoi d'une avant-garde de 30 observateurs non armés chargés de veiller au respect de la trêve.

On ignore toujours si la Russie, alliée traditionnelle de Bachar al Assad, pourra être persuadée de voter ce texte, qui évoque aussi de "nouvelles mesures" en cas de non-respect par le régime de Damas de ses engagements.

"Il y a eu des bombardements la nuit dernière sur la vieille ville, dans les quartiers de Djouret al Chiayah et d'Al Qarabis. J'ai personnellement entendu huit obus tomber dans l'heure qui vient de s'écouler", a témoigné samedi matin Karm Abou Rabea, un opposant qui habite dans un quartier périphérique de Homs.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les bombardements de la nuit ont fait un mort et un nombre indéterminé de blessés.

Un opposant, Walid al Fares, a montré à Reuters une vidéo montrant un panache d'épaisse fumée s'élevant à proximité du minaret d'une mosquée pilonnée au mortier, d'après lui, par les forces gouvernementales. On pouvait entendre le bruit des fusillades sur ce petit film.

Une source de l'opposition souhaitant conserver l'anonymat par crainte de représailles de son propre camp a affirmé que l'armée avait repris ses bombardements après une embuscade tendue vendredi soir à Homs par des insurgés à des soldats.

MOSCOU OBTIENT UN NOUVEAU TEXTE EXPURGÉ

Les autorités syriennes continuant de refuser l'entrée aux journalistes, il est impossible de vérifier toutes ces informations de source indépendante.

Samedi, l'agence de presse officielle Sana et des groupes d'opposition se sont rejeté la responsabilité de fusillades à Alep, la deuxième ville du pays, qui ont fait, d'après l'OSDH, trois blessés.

Dans une vidéo filmée apparemment dans le quartier de Hay al Etha, on entend des tirs et une explosion alors que les images montrent des hommes brandissant le drapeau de l'Armée syrienne libre (ASL, composée d'anciens déserteurs de l'armée) et des enfants au milieu de ce qui semble être une manifestation.

"Des groupes terroristes armés se sont répandus dans Hay al Etha, ont ouvert le feu à l'aveuglette et se sont attaqués à des biens publics et privés", affirme Sana, qui accuse aussi les insurgés d'avoir enlevé un colonel de l'armée à Hama (centre).

Des vidéos d'opposants montrent quant à elles des Syriens participant samedi à de petites manifestations dans plusieurs villes du pays.

Au plan diplomatique, la Russie a demandé et obtenu une révision d'un projet de résolution du Conseil de sécurité sur l'envoi d'observateurs en Syrie en affirmant que le texte initial devait être expurgé "de tout ce qui n'est pas vraiment nécessaire pour remplir son objectif".

Le nouveau texte comporte de légères modifications et adoucissements, notamment le verbe "exiger" qui est remplacé dans certains cas par "inviter" pour "prier".

Moscou, explique-t-on de source diplomatique à l'Onu, soutient la médiation de Kofi Annan mais souhaite éviter toute référence dans cette résolution à un "changement de régime" à Damas, qui reste l'un des derniers pays stratégiques du Moyen-Orient où les Russes conservent une certaine influence.

Avec Louis Charbonneau et Michelle Nichols aux Nations unies, Jean-Loup Fiévet pour le service français

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  • baljo le samedi 14 avr 2012 à 16:55

    "Une source de l'opposition souhaitant conserver l'anonymat par crainte de représailles de son propre camp a affirmé que l'armée avait repris ses bombardements après une embuscade tendue vendredi soir à Homs par des insurgés à des soldats". Une goutte de sincérité dans un océan de propagande.