L'opposition accuse Hollande de "récupérer" le risque terroriste

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PARIS, 16 juillet (Reuters) - L'opposition de droite a accusé jeudi François Hollande de vouloir récupérer politiquement le risque terroriste après que le président français eut révélé la veille qu'un projet d'attentat avait été déjoué par le renseignement. Le chef de l'Etat avait déclaré mercredi à la presse, en marge d'un déplacement à Marseille avec son homologue mexicain et sans être sollicité, que "des actes terroristes qui auraient pu être produits" avaient été prévenus "cette semaine". "Le ministre de l'Intérieur fera une communication demain (jeudi-NDLR)", avait-il ajouté sans plus de précision. Bernard Cazeneuve a en fait dû improviser une déclaration dans la soirée de mercredi pour confirmer l'information et préciser que quatre personnes âgées de 16 à 23 ans soupçonnées de projeter un attentat, dont un ancien militaire, avaient été arrêtées lundi. ID:nL5N0ZW0P5 Les autorités françaises ne communiquent pas en général sur les attentats déjoués et François Hollande lui-même avait déclaré lors de son interview du 14 juillet : "Toutes les semaines, nous arrêtons, nous empêchons, nous prévenons des actes terroristes. Et je ne vais pas faire des conférences de presse pour en informer les Français." L'opposition a estimé jeudi que le président avait parlé de manière précipitée, voire risquée pour l'enquête. Le directeur général des Républicains, Frédéric Péchenard, a estimé sur Europe 1 qu'il y avait "une volonté de communication politique, et non pas uniquement de lutte antiterroriste" de la part de François Hollande. "Cette communication était probablement assez prématurée", a ajouté l'ancien directeur général de la police nationale. "Je rappelle que la loi en France ne donne l'autorisation de s'exprimer devant les médias qu'au procureur de la République." Pour lui, cette volonté "d'appropriation politique" vise à "masquer un certain nombre d'échecs ou de difficultés du gouvernement dans le domaine du chômage ou économique". Nadine Morano, députée européenne LR, a dit sur France 2 qu'il aurait fallu faire preuve de plus de "discrétion". "S'exprimer alors que les personnes sont en garde à vue me semble à la fois risqué (...) et s'exprimer trop tôt peut mettre aussi en péril d'autres mesures vis-à-vis de ceux qui sont à l'extérieur", a-t-elle déclaré. L'élu centriste Hervé Morin a lui aussi jugé qu'il y avait "une gestion très politique de ce risque terroriste". "Hollande a une incapacité à régler les vrais problèmes des Français, il se retourne régulièrement sur la menace terroriste pour montrer qu'il 'fait', c'est quelque chose d'insupportable", a-t-il expliqué sur Sud Radio. (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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