L'opposition à "l'Ayraultport" de Nantes persiste

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L'opposition à "l'Ayraultport" de Nantes persiste
L'opposition à "l'Ayraultport" de Nantes persiste

par Guillaume Frouin

NANTES (Reuters) - Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) reste une pomme de discorde entre le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, pressenti pour devenir Premier ministre, et les écologistes susceptibles d'entrer au gouvernement.

Ce dossier de "l'Ayraultport", comme il est surnommé par ses détracteurs, ne paraît toutefois pas de nature à faire obstacle à la possible nomination à Matignon de Jean-Marc Ayrault, confronté par ailleurs à une polémique sur sa condamnation à de la prison avec sursis en 1997 pour octroi d'avantage injustifié dans une affaire de gestion municipale.

Cet "aéroport interrégional du grand Ouest", prévu dans une zone de bocage à 30 km au nord de Nantes, doit remplacer à terme celui de Nantes-Atlantique, installé en périphérie immédiate de la ville et menacé de "saturation", d'après sa direction.

Imaginé en 1963 pour accueillir le Concorde, le projet a été réactivé après la mise en sommeil du "troisième aéroport parisien" par le gouvernement de Lionel Jospin. Déclaré d'utilité publique en 2008, il est dorénavant conçu pour accueillir en 2017 l'Airbus A380.

Bien qu'il soit porté par l'Etat, qui en a confié la concession au groupe Vinci, le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes est incarné par Jean-Marc Ayrault, l'un de ses soutiens indéfectibles qui y voit une source de développement économique pour sa métropole.

Le député-maire (PS) de Nantes estime également qu'il améliorera la sécurité aérienne pour les habitants du sud de l'agglomération et que l'aménagement des espaces libérés par l'actuel aéroport permettra de lutter contre l'étalement urbain.

GRÈVE DE LA FAIM

Le projet fédère contre lui un ensemble hétéroclite d'agriculteurs et d'écologistes mais aussi des militants anarchistes installés illégalement sur la future zone aéroportuaire.

Des opposants à l'aéroport ont ainsi obtenu mardi, après une grève de la faim de 28 jours de l'un d'entre eux, que l'expulsion des agriculteurs et habitants récalcitrants n'ait lieu qu'après l'extinction de leurs recours en justice, ce qui pourrait leur faire gagner deux ans.

"Il s'agissait, sans que personne soit humilié, qu'une voie soit trouvée", a justifié mercredi le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, devant des journalistes.

"Il faut traiter correctement les gens, humainement, avec respect", a-t-il ajouté.

La décision ne remet toutefois en cause ni les expropriations, qui se poursuivent, ni la volonté des collectivités locales de voir aboutir le projet. Celles-ci lui ont octroyé 115,5 millions d'euros d'aides publiques, alors que l'Etat en paiera 125,5 et le groupe Vinci 320.

Le différend n'a pas empêché le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de signer leur accord électoral en vue des élections présidentielle et législatives.

Le sujet a simplement fait l'objet d'un "constat de désaccord" entre les deux partis, comme cela avait déjà été le cas lors des dernières élections régionales en Pays de la Loire en 2010.

Les écologistes avaient alors accepté de prendre part à la majorité régionale, tout en ne s'interdisant pas de manifester contre le projet et ne pas voter les crédits nécessaires.

Ils sont rejoints localement dans leur combat par le MoDem et le Parti de Gauche, tandis que l'UMP et le Parti communiste soutiennent la construction de l'aéroport, qui doit démarrer en 2014.

Edité par Patrick Vignal

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