L'opposant sud-soudanais Riek Machar s'est réfugié en RDC

le , mis à jour à 23:43
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 (Précise quand l'Onu a été informé § 2 et a mené une opération 
d'évacuation § 4) 
    JUBA, 18 août (Reuters) - L'ancien vice-président Riek 
Machar a fui Juba, la capitale du Soudan du Sud, depuis 
plusieurs semaines et a trouvé refuge en République démocratique 
du Congo (RDC) pour échapper aux forces gouvernementales qui le 
traquaient, a annoncé l'Onu jeudi. 
    La mission de maintien de la paix des Nations unies 
(Monusco) a appris lundi que Machar se trouvait en RDC et a pris 
contact avec le gouvernement congolais qui a demandé que le chef 
rebelle fasse l'objet d'une mission d'évacuation, a déclaré 
Farhan Haq, porte-parole de l'Onu à New York. 
    "Riek Machar a été remis aux autorités de la République 
démocratique du Congo. Nous ne sommes pas en mesure de confirmer 
sa localisation", a dit Haq devant la presse. 
    Un porte-parole du gouvernement de la RDC a démenti avoir 
été en contact avec une quelconque organisation en vue d'aider 
l'ancien vice-président du Soudan du Sud. Toutefois Haq a 
confirmé qu'une opération d'évacuation de Machar avait été menée 
près de la frontière sud-soudanaise, mercredi. 
    "Nous pouvons confirmer qu'une opération a été entreprise 
par la Monusco pour des raisons humanitaires visant à faciliter 
l'évacuation de Riek Machar, sa femme et dix autres personnes 
d'un endroit en RDC avec le soutien des autorités de RDC", a dit 
Haq. 
    Après deux ans d'une guerre civile qui a fait plus de 10.000 
morts et deux millions de déplacés, Riek Machar et le président 
Salva Kiir ont signé l'an dernier un accord de paix prévoyant la 
formation d'un gouvernement d'union et le retour de l'opposant à 
Juba. 
    Mais le cessez-le-feu a été rompu à plusieurs reprises et 
Riek Machar a quitté Juba le mois dernier après de violents 
combats en réclamant le déploiement d'une force d'interposition 
internationale. 
    Le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé vendredi 
l'envoi d'une telle force de protection de 4.000 casques bleus 
africains mais le gouvernement sud-soudanais a émis des réserves 
sur son déploiement.   
    Dans un communiqué, la SPLA-IO (Armée de libération des 
peuples du Soudan, dans l'opposition), le mouvement de Riek 
Machar, a annoncé jeudi que l'ancien vice-président était parti 
mercredi "dans un pays sûr de la région". 
    Son porte-parole, James Gatdet Dak, n'a pas voulu préciser 
dans quel pays il se trouve, indiquant seulement qu'il ne s'agit 
pas du Kenya où lui-même réside, mais d'un autre pays voisin du 
Soudan du Sud. 
    James Gatdet Dak a expliqué que Riek Machar voulait se 
mettre hors de portée des forces de Salva Kiir et avoir un 
meilleur accès aux médias internationaux pour pouvoir se faire 
entendre. 
    "Les forces du président Salva Kiir le traquaient donc il a 
choisi de partir pour assurer sa sécurité", a déclaré le 
porte-parole. 
    Le gouvernement sud-soudanais a nié traquer Riek Machar et 
l'a appelé à revenir pacifiquement à Juba en l'accusant 
d'attiser les violences. 
     
 
 (Denis Dumo, avec Ben Makori; Tangi Salaün pour le service 
français) 
 
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