L'opposant Rwasa vice-président du Parlement burundais

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BUJUMBURA, 30 juillet (Reuters) - Le dirigeant d'opposition burundais Agathon Rwasa a accepté jeudi les fonctions de vice-président du Parlement à Bujumbura, après des élections législatives et présidentielle pourtant boycottées par sa coalition. Cette décision pourrait entraîner une scission au sein de l'opposition, a averti Charles Nditije, du parti Uprona, partenaire de Rwasa au sein de la coalition Amizero y'Abarundi. Malgré leur boycott du dernier scrutin législatif, largement remporté par les partisans du président Pierre Nkurunziza, les noms des candidats d'opposition avaient été maintenus sur les bulletins de vote et certains ont été élus. Plusieurs responsables de l'opposition craignent que Rwasa ne décide de participer à un gouvernement d'union nationale en abandonnant les exigences qu'il avait posées au pouvoir. "Si Rwasa rejoint le gouvernement de Nkurunziza, qui n'organisera pas d'élections démocratiques et crédibles avant un an, alors il y aura une scission", a dit Charles Nditije à Reuters. Pascal Nyabenda, président du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a été élu président de l'Assemblée. Vingt députés du FNL, le parti de Rwasa, ont accepté de siéger au Parlement mais neuf des onze membres d'Uprona qui ont été élus ont refusé de suivre leur exemple. Une cinquantaine de membres de l'opposition en exil, parmi lesquels des transfuges du CNDD-FDD et les chefs d'un coup d'Etat manqué au printemps, se sont réunis jeudi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour mettre en place un gouvernement rival. Le président sortant Pierre Nkurunziza a été réélu ce mois-ci pour un troisième mandat de cinq ans, une victoire qui laisse un pays divisé et menacé d'isolement sur le plan international. Pierre Nkurunziza été proclamé vainqueur de l'élection avec 69,41% des 2,8 millions de suffrages exprimés. Son plus proche rival, Rwasa, a obtenu 18,99% des voix. Depuis le printemps, des manifestations ont eu lieu à Bujumbura contre la candidature du chef de l'Etat à un troisième mandat, jugée contraire à la Constitution par ses opposants. Ces manifestations ont fait plusieurs dizaines de morts et provoqué en mai une tentative de coup d'Etat qui a été déjouée. Plus de 175.000 Burundais ont fui ces derniers mois dans les pays voisins et les Nations unies ont averti qu'un demi-million d'habitants pourraient quitter le pays si la crise devait persister. (Clément Manirabaruha avec Patrick Nduwimana à Kigali; Guy Kerivel pour le service français)

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