L'opposant gabonais Jean Ping se déclare vainqueur de la présidentielle

le , mis à jour à 20:55
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 (actualisé avec réaction du camp Bongo) 
    LIBREVILLE, 28 août (Reuters) - L'opposant gabonais Jean 
Ping a déclaré dimanche que les premiers résultats compilés par 
ses partisans le donnaient vainqueur de l'élection 
présidentielle qui avait lieu la veille, ce qu'a contesté le 
camp du président sortant, Ali Bongo. 
    "Au moment où je m'exprime devant vous, les tendances 
générales nous donnent vainqueur de cette importante élection 
présidentielle", a-t-il dit à ses partisans réunis à son QG de 
campagne de Libreville. 
    L'ancien ministre des Affaires étrangères, âgé de 73 ans, 
était le principal adversaire d'Ali Bongo, qui a succédé à son 
père Omar, mort en 2009 après avoir dirigé le pays pendant 42 
ans.   
    "Ce jour est historique pour notre pays et en dépit des 
nombreuses irrégularités enregistrées ici et là, vous avez su 
déjouer les pièges de la fraude congénitale de ce pays", a 
poursuivi Jean Ping, qui a fait circuler des chiffres le donnant 
nettement devant Ali Bongo. 
    Réagissant aux déclarations de son adversaire, Ali Bongo lui 
a conseillé de se garder de toute proclamation avant 
l'officialisation des résultats. 
    "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir 
tué", a-t-il déclaré. "Quoi qu'il en soit, je suis confiant", 
a-t-il ajouté. 
    Quelques minutes auparavant, son porte-parole Alain Claude 
Bilie By Nzé déclarait à la presse qu'Ali Bongo était en tête 
dans cinq des neuf provinces que compte le Gabon. 
    Intervenant sur une chaîne publique, il a également dit: 
"même si aucun chiffre officiel ne peut être dévoilé à ce stade, 
nous sommes, à la lumière des informations que nous recevons, en 
mesure de dire que notre candidat (...) revendiquera la 
victoire". 
    Selon Alain Claude Bilie By Nzé, des "fraudes massives" ont 
été observées au cours du scrutin, notamment dans des bastions 
de l'opposition. 
    Les résultats officiels ne sont pas attendus avant lundi ou 
mardi, et le ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet, a 
réaffirmé dimanche sur sa page Facebook qu'il était "illégal de 
proclamer des résultats chiffrés en amont de l'annonce des 
autorités compétentes". 
    Le Gabon applique un mode de scrutin uninominal à un tour où 
le candidat arrivé en tête est élu. 
    Lors de la précédente présidentielle, en 2009, Ali Bongo 
l'avait emporté avec 41,73% des suffrages. Mais il faisait face 
alors à une opposition éclatée avec pas moins de 22 adversaires. 
Cette année, ils n'étaient que neuf à lui contester le pouvoir. 
    Durant la campagne, Jean Ping, qui a pris ses distances avec 
Ali Bongo et a quitté le parti au pouvoir en 2014, a misé sur le 
mécontentement né de la stagnation du niveau de vie dans ce pays 
pétrolier, qui compte moins de deux millions d'habitants. 
    "Le jour de gloire est arrivé et nous nous préparons, ainsi 
que vous pouvez le voir, à célébrer notre victoire", avait 
déclaré l'ancien président de la commission de l'Union africaine 
après avoir voté samedi à Libreville. 
 
 (Gerauds Wilfried Obangomé; Henri-Pierre André et Nicolas 
Delame pour le service français) 
 
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