L'opposant cambodgien Sam Rainsy condamné à cinq ans de prison

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    PHNOM PENH, 27 décembre (Reuters) - Le chef de l'opposition 
cambodgienne Sam Rainsy, qui vit en exil en France, a été 
condamné mardi par contumace à cinq ans de prison pour avoir 
posté sur Facebook un faux engagement du gouvernement à effacer 
la frontière entre Cambodge et Vietnam.  
    Le tribunal municipal de Phnom Penh a jugé Sam Rainsy et 
deux de ses collaborateurs coupables d'avoir cité une version 
falsifiée d'un traité frontalier signé par les deux pays en 
1979. Dans ce faux document, le Cambodge et le Vietnam 
promettent de faire disparaître leur frontière commune.  
    Le sujet est très sensible dans l'opinion, le Cambodge 
protestant depuis des siècles contre les empiétements sur son 
territoire de ses deux puissants voisins, le Vietnam à l'est et 
la Thaïlande à l'ouest.  
    Sam Rainsy, installé en France depuis 2015 pour échapper à 
une arrestation dans une affaire distincte de diffamation, a 
dénoncé sur Twitter un dossier "fabriqué" par un "tribunal de 
pacotille".  
    Ce verdict s'inscrit dans un contexte de tension entre les 
deux principales formations politiques du pays, le Parti du 
peuple cambodgien du Premier ministre Hun Sen, et le Parti du 
sauvetage national (CNRP, opposition) de Sam Rainsy.  
    Hun Sen dirige le Cambodge depuis trois décennies mais sa 
mainmise sur le pouvoir a été fragilisée par le résultat des 
élections législatives de 2013, qui ont vu le CNRP rafler 55 
sièges à l'Assemblée nationale, le Parti du peuple ne conservant 
que 68 élus sur les 123 que compte la chambre basse du 
Parlement.  
    Les militants de l'opposition se plaignent de subir des 
pressions de la part des autorités dans le but de faire taire 
les critiques à l'approche des prochaines élections, en 2018. 
 
 (Prak Chan Thul; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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