L'Opep s'attend à voir monter la production de ses rivaux

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L'OPEP S'ATTEND À VOIR MONTER LA PRODUCTION DE SES RIVAUX
L'OPEP S'ATTEND À VOIR MONTER LA PRODUCTION DE SES RIVAUX

LONDRES (Reuters) - Le boom pétrolier de l'Amérique du Nord n'est pas remis en cause par la chute du prix du baril, constate l'Opep dans son rapport le plus détaillé depuis le début de l'année, qui laisse entendre que la situation actuelle de surproduction pourrait persister pendant deux ans.

Ce projet de rapport quinquennal sur la stratégie à long terme de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont Reuters a pu prendre connaissance avant la réunion ministérielle du 5 juin à Vienne, table sur une augmentation de la production de brut extérieure au cartel au moins jusqu'en 2017.

La faiblesse relative de la demande devrait donc se traduire par une baisse de la demande de bruts de l'Opep, estimée à 28,2 millions de barils par jour (bpj) en 2017 contre 30 millions aujourd'hui.

Si ce scénario se confirme, l'organisation devra trancher entre deux options: réduire sa production, qui avoisine actuellement 31 millions de bpj, ou se préparer à vivre durablement avec des prix bas.

"Depuis juin 2014, les prix du pétrole ont subi une réduction marquée, touchant des niveaux encore inférieurs à ceux de la crise de 2008, et pourtant l'offre non-Opep montre encore des signes de croissance", explique le projet de rapport.

Le prix du baril de Brent, qui avait atteint 115 dollars en juin 2014, a chuté ensuite, plombé par l'essor de la production de pétrole de schiste américain et par la décision adoptée par l'Opep en novembre dernier de ne pas réduire sa production.

Cette décision avait pour objectifs la préservation des parts de marché du cartel et la baisse de la production nord-américaine, dont les prix de revient sont supérieurs aux siens. Mais cette stratégie a échoué, le pétrole de schiste se montrant plus résistant qu'attendu.

PAS DE HAUSSE DE LA DEMANDE POUR L'OPEP AVANT 2019

Le Brent se traitait jeudi autour de 62,75 dollars le baril. Il était tombé début janvier sous 47 dollars.

"Globalement, pour les gisements non-Opep déjà en production, même un contexte de prix bas marqués ne conduira pas à une baisse de la production car les producteurs à coûts élevés chercheront toujours à couvrir une partie de leurs coûts d'exploitation", constate le rapport de l'Opep.

Il ajoute que depuis 1990, la plupart des prévisions sur la production non-Opep ont été pessimistes et souvent erronées. "Par exemple, on a un temps prévu que la production non-Opep allait culminer au début des années 1990 avant de décliner", rappelle le document.

Il estime que l'évolution des technologies d'extraction du pétrole et du gaz de schiste devrait permettre une croissance globale de 6% par an et contribuer à hauteur de 45% à la croissance de la production énergétique d'ici 2035.

"Le progrès technologique, les succès de l'exploration et l'amélioration de l'exploitation des gisements existants ont permis au monde de porter ses ressources à des niveaux nettement supérieurs aux prévisions passées (...) Les ressources liquides mondiales sont suffisantes pour couvrir toute hausse prévisible de la demande au cours des prochaines décennies", conclut l'Opep.

D'ici 2019, l'offre de brut de l'Opep, à 28,7 millions de bpj, sera encore inférieure à son niveau de 2014, ajoute le rapport, et la demande pour le pétrole de l'organisation ne devrait commencer à augmenter qu'après 2018-2019, pour atteindre près de 40 millions de bpj d'ici 2040.

(Dmitry Zhdannikov, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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