L'Opep pourrait modifier sa stratégie, les cours du brut montent

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L'OPEP POURRAIT RÉDUIRE SA PRODUCTION DE PÉTROLE
L'OPEP POURRAIT RÉDUIRE SA PRODUCTION DE PÉTROLE

SINGAPOUR (Reuters) - Les cours du pétrole sont orientés jeudi à la hausse après l'annonce par un site spécialisé que l'Arabie saoudite pourrait proposer à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de réduire sa production d'un million de barils par jour (bpj).

Ryad pourrait demander à l'Iran et à l'Irak de limiter la croissance de leur production et chercher à obtenir la collaboration de producteurs hors-Opep comme la Russie, précise le site spécialisé Energy Intelligence, qui cite un délégué du cartel.

Les Saoudiens aimeraient qu'un tel accord soit mis en oeuvre l'an prochain mais ne s'attendent pas à une décision définitive dès la réunion ministérielle de l'Opep qui se tiendra vendredi à Vienne, ajoute-t-on de même source.

La nouvelle a fait grimper les cours. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) à échéance en janvier prend ainsi 40 cents (1%) à 40,34 dollars le baril vers 07h40 GMT tandis que le Brent de mer du Nord progresse de 59 cents (1,39%) à 43,08 dollars..

Une telle proposition destinée à équilibrer les cours marquerait un revirement dans la stratégie de l'Opep, qui visait jusqu'à présent à défendre ses parts de marché en maintenant un niveau de production élevé.

"Le marché veut entendre d'autres intervenants pour avoir davantage d'assurances qu'il s'agit bien d'une possibilité", a commenté Ric Spooner, analyste de CMC Markets.

"Non seulement faut-il qu'ils (les autres producteurs) l'acceptent mais il faudra ensuite qu'ils respectent l'accord", ajoute-t-il.

L'Iran, qui veut profiter de la levée attendue des sanctions internationales pour augmenter sa production, pourrait faire de la résistance, comme l'a laissé entendre son ministre du Pétrole.

Bijan Zangeneh, cité jeudi par l'agence de presse iranienne Shana, demande aux autres membres de l'Opep de réduire leurs exportations, qu'ils avaient augmentées tandis que le régime de Téhéran était contraint de réduire les siennes.

Le prix du baril a baissé de plus de moitié en 18 mois, passant de 115 dollars à moins de 45 dollars. Le relèvement des taux d'intérêt américains, attendu par les marchés pour la mi-décembre, pourrait accentuer la baisse, qui s'explique principalement par la surabondance de l'offre face à une demande atone.

(Swaetha Gopinath; Bertrand Boucey et Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)

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