L'Opep ne croit plus à un accord sur la production à Alger

le , mis à jour à 21:38
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    * Ryad et Téhéran ne croient pas à un accord mercredi 
    * L'Iran a rejeté une offre saoudienne 
    * Les cours chutent de près de 3% 
 
 (Actualisé avec déclarations des ministres saoudien et russe du 
Pétrole, précisions, changement de slug) 
    par Rania El Gamal, Alex Lawler et Vladimir Soldatkin 
    ALGER, 27 septembre (Reuters) - L'Arabie saoudite et l'Iran 
ont pratiquement réduit à néant mardi l'espoir d'un accord dès 
cette semaine à Alger sur une limitation de la production 
pétrolière de l'Opep, Téhéran ayant rejeté une proposition de 
Ryad consistant à plafonner la production iranienne en échange 
d'une réduction de l'offre saoudienne. 
    Les cours du brut léger américain (West Texas Intermediate, 
WTI)  CLc1  et du Brent  LCOc1  ont cédé près de 3% en raison de 
cette impasse au sein de l'Opep. 
    "Les divergences (d'opinion) entre les pays de l'Opep se 
réduisent. Je ne m'attends pas à un accord à l'issue des 
consultations de demain", a dit à la presse le ministre saoudien 
du Pétrole, Khalid al Falih, en évoquant la réunion informelle 
des membres de l'Organisation des pays exportateurs de Pétrole 
(Opep) prévue mercredi en marge du Forum international de 
l'énergie à Alger. 
    Il a néanmoins jugé possible de parvenir à un compromis 
d'ici la fin de l'année. 
    Son homologue iranien, Bijan Zanganeh, a pour sa part 
déclaré auparavant que "l'heure des prises de décisions n'est 
pas venue". "Nous essaierons de conclure un accord en novembre", 
a-t-il ajouté en référence à la prochaine réunion ministérielle 
de l'Opep, prévue le 30 novembre à Vienne.  
    Les discussions informelles entre pays de l'Opep sont 
prévues mercredi à 14h00 GMT, en plus des consultations 
bilatérales et avec les pays extérieurs au cartel.  
    Les cours du pétrole ont fondu de plus de moitié depuis 
mi-2014 en raison d'une surabondance de l'offre. L'idée d'un gel 
des niveaux de production a émergé cette année pour tenter de 
réduire le déséquilibre avec la demande. 
    Les négociations au sein de l'Opep sont compliquées par la 
rivalité entre l'Arabie saoudite et l'Iran, qui soutiennent des 
camps ennemis dans les différents conflits qui agitent le 
Moyen-Orient, notamment en Syrie et au Yémen. 
    Des sources ont déclaré la semaine dernière à Reuters que 
l'Arabie saoudite avait proposé de réduire sa production si 
l'Iran acceptait de plafonner la sienne, ce qui traduisait une 
évolution de la position du royaume saoudien jusque là hostile à 
toute baisse de son offre. 
      
    TROP DE DIVERGENCES ENTRE IRAN ET ARABIE SAOUDITE  
    Plusieurs délégués de l'Opep ont souligné mardi que les 
positions de l'Arabie et de l'Iran, qui a pu redresser sa 
production après la levée de sanctions occidentales à son 
encontre en janvier, restaient trop éloignées. 
    "Il y a une avancée mais ils n'ont pas encore atteint la 
ligne d'arrivée", a déclaré le ministre russe de l'Energie, 
Alexandre Novak, après avoir rencontré Khalid al Falih et Bijan 
Zanganeh. Lui aussi a jugé un accord possible d'ici la fin de 
l'année. 
    La Russie n'est pas membre de l'Opep mais participe à ces 
consultations. 
    Trois sources de l'Opep ont déclaré que l'Iran, dont la 
production avoisine actuellement 3,6 millions de barils par jour 
(bpj), exigeait de pouvoir la porter autour de 4,1 à 4,2 
millions de bpj, alors que des pays du Golfe souhaitaient la 
geler sous quatre millions. 
    Plusieurs sources au sein de l'Opep ont dit que Téhéran 
avait effectivement rejeté la proposition saoudienne malgré des 
efforts de dernière minute de la Russie, de l'Algérie et du 
Qatar pour tenter d'arracher un compromis. 
    Des sources iraniennes ont précisé que l'Iran souhaitait 
porter à 12,7% sa part dans la production totale de l'Opep, le 
niveau qu'elle avait atteint en 2012, avant l'entrée en vigueur 
de nouvelles sanctions européennes liées au programme nucléaire 
iranien. 
    Mais une telle part de marché impliquerait une augmentation 
de la production de l'Iran puisque celle des autres pays a 
augmenté ces dernières années.  
    Pour Gary Ross, fondateur du cercle de réflexion américain 
PIRA et connaisseur de longue date de l'Opep, la production 
saoudienne a trop augmenté ces derniers mois et même si elle 
était ramenée à ses niveaux d'avant l'été, l'Iran jugerait 
injuste un gel de ses propres extractions. 
    "C'est calculé très précisément parce que l'Arabie saoudite 
sait que l'Iran n'acceptera pas (...) L'Arabie saoudite veut 
mettre l'inaction de l'Opep à Alger sur le compte de l'Iran", 
dit-il.  
 
 (Avec Patrick Markey et Lamine Chikhi; Marc Joanny, Marc 
Angrand et Bertrand Boucey pour le service français) 
 

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