L'Opep ne change rien malgré les craintes de surproduction

le , mis à jour à 18:32
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* L'Opep maintient son plafond de production * Une réunion sans heurts apparents * Plusieurs questions restent en suspens (Actualisé avec détails, contexte) par Alex Lawler et Rania El Gamal VIENNE, 5 juin (Reuters) - L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a décidé vendredi de maintenir son plafond de production pour six mois, passant outre les craintes d'un nouveau plongeon des cours alors que certains de ses membres, comme l'Iran, cherchent à accélérer leurs exportations. Cette décision, largement attendue, a été annoncée par le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi, au terme d'une réunion du cartel à Vienne. La prochaine réunion de l'Opep aura lieu le 4 décembre, a-t-il ajouté. Tous les ministres de l'organisation ont accepté de respecter le plafond actuel de 30 millions de barils par jour, a déclaré le secrétaire général de l'Opep, Abdallah al Badri. L'Iran, dans la perspective de la levée des sanctions occidentales, ainsi que la Libye, actuellement en pleine guerre civile, avaient fait part avant la réunion de leur intention de plaider pour une augmentation de leur production. La réunion n'a cependant été marquée par aucune tension, a assuré le ministre saoudien du pétrole "Vous seriez surpris de savoir à quel point les débats ont été harmonieux", a-t-il dit. La production de l'Opep a dépassé son plafond de 30 millions de bpj pendant la majeure partie de l'année dernière et a atteint 31,2 millions de bpj en mai, selon une enquête Reuters. En s'en tenant à sa politique de production abondante, l'Opep prolonge la thérapie de choc du marché appliquée en novembre par l'Arabie saoudite, qui n'entendait plus soutenir les cours par le biais d'une réduction de sa production. VERS UN BARIL À 75 DOLLARS ? Les cours du pétrole ayant rebondi de plus d'un tiers depuis le creux de six ans de 45 dollars touché en janvier, les délégués présents à Vienne n'avaient que peu de raisons de modifier une stratégie qui semble avoir relancé la croissance d'une consommation mondiale moribonde et avoir mis un bémol à l'expansion du pétrole de schiste aux Etats-Unis. "Les marchés évoluent en faveur de l'Opep", a déclaré Gary Ross, président exécutif du cabinet de consultants PIRA Energy Group. "Les prix soutiennent une croissance solide de la demande et un ralentissement des dépenses d'investissement. C'était l'objectif de la stratégie de l'Arabie saoudite et cela fonctionne." Les cours du pétrole ont rebondi brièvement en début d'après-midi dans le sillage de l'annonce de la décision de l'Opep avant de partir brutalement à la baisse puis de se stabiliser dans un marché toujours aussi volatil. Le prix souhaitable pour le baril de pétrole a animé les débats à Vienne. "On ne peut plus avoir un baril de pétrole à 100 dollars", a déclaré le secrétaire général de l'Opep. Plusieurs délégués ont estimé que la demande et les prix allaient continuer à augmenter. Le ministre irakien du Pétrole, Adel Abdel Mahdi, a prédit que le prix du baril approcherait les 75 dollars vers la fin de l'année, un niveau qualifié de "juste" par son homologue iranien, Bijan Zanganeh. Plusieurs questions restent en suspens après la réunion de vendredi, à commencer par le désir de la Libye et de l'Iran d'augmenter leur production. Téhéran prévoit ainsi d'augmenter sa production de plus d'un million de barils par jour si les sanctions internationales pesant sur le régime iranien sont levées dans le cadre d'un accord sur son programme nucléaire. (Alex Lawler et Rania El Gamal; Wilfrid Exbrayat et Myriam Rivet pour le service français, édité par Patrick Vignal)


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