L'Opep laisse ses quotas de production inchangés

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L'OPEP LAISSE SES QUOTAS DE PRODUCTION INCHANGÉS
L'OPEP LAISSE SES QUOTAS DE PRODUCTION INCHANGÉS

par Alex Lawler et Amena Bakr

VIENNE (Reuters) - L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé vendredi de laisser son objectif de production inchangé jusqu'à la fin de l'année, une décision attendue dans un contexte de fragilité des cours, actuellement très proches du niveau visé par l'Opep.

Le plafond global de production du cartel sera donc maintenu à 30 millions de barils par jour (bpj) jusqu'à la prochaine réunion, en décembre, a annoncé le ministre vénézuélien du Pétrole, Rafael Ramirez, après une brève réunion au siège de l'organisation à Vienne.

Le cours du baril de Brent était en légère baisse vendredi à 101,54 dollars, non loin du seuil de 100 dollars considéré par l'Opep comme satisfaisant pour ses 12 pays membres.

Juste avant la réunion, le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi, avait laissé entendre que le statu quo sur les quotas de production serait maintenu en évoquant un marché "en bonne forme" et équilibré.

Un équilibre sur lequel l'Opep a perdu de son influence ces dernières années avec l'essor du pétrole de schiste aux Etats-Unis, qui a réduit la dépendance américaine au brut du Moyen-Orient, ravivé la concurrence en Asie et exacerbé la rivalité entre les deux principaux producteurs du cartel, l'Arabie saoudite et l'Irak.

Il y a un an, l'Opep jugeait peu préoccupante la concurrence du pétrole de schiste. Mais celui-ci est aujourd'hui l'un de ses principaux sujets de préoccupation : selon un rapport de l'Agence internationale de l'Energie publié ce mois-ci, l'offre américaine en pétrole de schiste sera en mesure de répondre à l'essentiel de la hausse de la demande mondiale au cours des cinq prochaines années.

Les producteurs du Golfe, Arabie saoudite en tête, pensent que l'Opep n'aura pas à remettre en cause sa politique tant que la croissance des pompages de pétrole de schiste américains restera modérée.

LA CONCURRENCE DU PÉTROLE DE SCHISTE

"Ce n'est pas la première fois que l'on découvre de nouvelles sources de pétrole, n'oublions pas l'histoire", a dit Ali al Naimi. "Il y a eu le pétrole de la mer du Nord, celui du Brésil, alors pourquoi parle-t-on tellement du pétrole de schiste en ce moment ?"

Le maintien du cours du Brent au-dessus de 100 dollars - donc loin du seuil d'alerte des grands pays consommateurs, autour de 125 dollars - suffit à assurer la rentabilité de l'exploitation du pétrole de schiste du Texas et du Dakota du Nord.

Celui-ci concurrence directement les bruts légers nigérians et algériens, plus que des hydrocarbures lourds saoudiens. Le Nigeria, tout comme l'Algérie, ont d'ailleurs déjà perdu du terrain à l'export, vers l'Asie notamment.

De son côté, l'Arabie saoudite, propriétaire de l'essentiel des capacités de production inemployées de l'organisation, ne semble pas vouloir ouvrir les vannes pour faire baisser les prix et freiner l'essor du pétrole de schiste en rendant son exploitation financièrement peu intéressante.

L'Irak, pour sa part, cherche à gagner des parts de marché en Asie, mais sa production et ses exportations ne progressent pas aussi vite qu'espéré en raison d'une multitude de problèmes de logistique et d'infrastructures.

Son ministre du Pétrole, Abdoul Karim Louaibi, pense que les gisements du pays produiront de l'ordre de 3,5 millions de bpj d'ici la fin de l'année, soit 400.000 de plus au rythme actuel. Un objectif revu en baisse récemment puisqu'en décembre dernier, il anticipait une progression de 3,7 millions de bpj cette année.

Ali al Naimi a parallèlement précisé que le choix du futur secrétaire général de l'Opep se ferait lors de la réunion du 4 décembre prochain. Cette sélection est rendue difficile par les rivalités entre les candidats iranien, irakien et saoudien.

Avec Reem Shamseddine, Marc Angrand pour le service français

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