L'Opep estime que le marché peut se rééquilibrer de lui-même

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    * L'Opep veut l'aide des autres producteurs pour réduire les 
stocks 
    * Elle étudie une demande de réunion d'urgence 
    * L'Irak veut encore augmenter sa production cette année 
 
 (Actualisé avec des précisions, contexte, citations) 
    par Alex Lawler 
    LONDRES, 25 janvier (Reuters) - Des responsables de l'Opep 
estiment que le marché pétrolier va bientôt amorcer son 
rééquilibrage après avoir chuté à des niveaux sans précédent 
depuis 2003, ce qui implique que l'organisation n'entend pas 
revenir sur politique de non réduction de la production si les 
producteurs concurrents n'y mettent pas du leur. 
    Le baril de brut est tombé à moins de 28 dollars le baril la 
semaine dernière alors qu'il culminait à plus de 100 dollars à 
la mi-2014, une dégringolade qui s'explique principalement par 
la saturation du marché mondial. La descente s'est accélérée 
lorsque l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a 
décidé fin 2014 de changer de stratégie et de défendre ses parts 
de marché plutôt que les prix. 
    La chute des cours a eu entre autres pour effet de ralentir 
l'essor de sources alternatives relativement onéreuses, comme le 
pétrole de schiste américain, et elle a obligé les compagnies 
pétrolières à repousser, voire annuler, des projets 
d'investissement massifs, au risque de retombées importantes sur 
l'offre pétrolière du futur. 
    "Nous pensons que nous allons encore subir un cycle de 
baisse des prix pétroliers mais que nous nous redresserons. Il 
est manifeste que le marché se rééquilibrera de lui-même parce 
que les prix pétroliers actuels ne peuvent en aucun cas se 
prolonger", a dit le ministre de l'Energie qatari, Mohammed al 
Sada, lors d'une conférence à Londres. 
    S'exprimant lors de la même conférence, le secrétaire 
général de l'Opep, Abdullah al Badri, a estimé lui aussi qu'il 
fallait se garder d'un trop grand pessimisme, évoquant les 
prévisions d'une nouvelle croissance de la demande mondiale 
cette année et d'une contraction de la production hors-Opep. 
    "Nous observons déjà des signes montrant que les 
fondamentaux de l'offre et de la demande commenceront à se 
corriger d'eux-mêmes en 2016", a-t-il expliqué. 
    Il avait déclaré auparavant que les pays pétroliers, qu'ils 
appartiennent ou pas à l'Opep, devaient coopérer pour régler le 
problème des stocks excédentaires afin de favoriser un rebond 
des cours et de stimuler les investissements dans de nouveaux 
gisements. 
    Jusqu'à présent, de gros producteurs hors-Opep tels que la 
Russie ont refusé de collaborer avec le cartel pour réduire la 
production, même si le sultanat d'Oman et l'Azerbaïdjan ont 
exprimé leur désir de le faire. 
    "Il est vital que le marché s'attaque au problème de l'excès 
de stocks", a déclaré al Badri. "C'est primordial pour renouer 
avec un marché équilibré". 
     
    CARACAS VEUT UNE RÉUNION D'URGENCE 
    Pour l'heure, le marasme du marché est particulièrement 
dommageable pour des membres de l'Opep tels que le Venezuela, 
très dépendant de la manne pétrolière et manquant des capacités 
nécessaires à une augmentation de la production. 
    Caracas a sollicité une réunion d'urgence de l'organisation 
pour débattre des moyens de faire remonter les cours. Mais les 
pays du Golfe membres de l'Opep, et en particulier l'Arabie 
saoudite, cheville ouvrière du changement de cap de 2014, ont 
jusqu'à présent opposé une fin de non-recevoir à ce type de 
demande.  
    Le ministre qatari, dont le pays occupe cette année la 
présidence tournante de l'Opep, a déclaré que la demande était 
examinée. "Nous avons reçu une demande et les ministres du 
Pétrole en discutent", a-t-il dit. 
    Alors même qu'on attend une baisse de la production 
hors-Opep cette année, celle de l'organisation pourrait 
augmenter avec l'arrivée du pétrole iranien sur le marché, à la 
suite de la levée des sanctions internationales, avec 
l'augmentation attendue de la production de l'Irak et avec le 
maintien de la politique de l'Arabie saoudite, qui ne semble 
nullement pressée de réduire une production proche de ses plus 
hauts historiques. 
    L'Irak pourrait produire jusqu'à quatre millions de barils 
par jour (bpj) à partir des gisements du sud du pays, a dit un 
responsable pétrolier irakien lundi. Bagdad produit actuellement 
de 3,7 à 3,8 millions de bpj tirés de ces gisements. 
 
 (Alex Lawler, avec Polina Devitt à Moscou; Juliette Rouillon 
pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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