L'Opep échoue à s'accorder sur un plafond chiffré de production

le , mis à jour à 18:41
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 (Actualisé avec fin de la réunion) 
    par Rania El Gamal, Alex Lawler et Reem Shamseddine 
    VIENNE, 4 décembre (Reuters) - Les pays membres de 
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réunis 
vendredi ne sont pas parvenus à s'accorder sur un plafond de 
production, en raison notamment du retour attendu de l'Iran sur 
le marché mondial avec la levée des sanctions occidentales. 
    Le communiqué final publié à l'issue de la réunion à Vienne 
ne mentionne aucun plafond de production chiffré, ce qui revient 
à laisser à chacun des Etats membres la liberté de maintenir sa 
production à son niveau actuel malgré la situation excédentaire 
du marché mondial.  
    Le secrétaire général de l'Opep, Abdullah al Badri, a 
déclaré que le cartel n'avait pas pu s'accorder sur un chiffre 
faute de savoir comment se traduirait le retour de l'Iran sur le 
marché l'an prochain avec la levée prévue des sanctions 
occidentales, conséquence de l'accord conclu en juillet sur le 
programme nucléaire de Téhéran.  
    La plupart des ministres ont quitté la réunion sans faire de 
commentaire. 
    Le ministre iranien, Bijan Zangeneh, avait déclaré 
auparavant que son pays ne serait disposé à discuter de 
nouvelles mesures qu'une fois sa production revenue à son niveau 
maximal et les sanctions occidentales levées. 
    Son homologue saoudien, Ali al Naïmi, avait quant à lui dit 
espérer que la croissance de la demande mondiale suffise à 
absorber la hausse de la production iranienne attendue en 2016. 
"Tout le monde est bienvenu sur le marché", avait-il assuré.  
    L'Iran a déclaré à plusieurs reprises vouloir augmenter ses 
pompages d'au moins un million de barils par jour (bpj) une fois 
les sanctions levées.  
    Une telle hausse, si elle n'était pas compensée par des 
réductions de production ailleurs, ne ferait qu'exacerber le 
déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale puisque la 
planète consomme actuellement jusqu'à deux millions de bpj de 
moins qu'elle n'en extrait.  
     
    LE BARIL SE RAPPROCHE DE NOUVEAU DES 40 DOLLARS 
    L'Opep, qui produit un tiers environ du pétrole consommé 
dans le monde avait maintenu lors de sa précédente réunion son 
plafond de production à 30 millions de bpj.  
    Les informations en provenance de Vienne ont provoqué un 
nouvel accès de faiblesse des cours du brut et à 17h15 GMT, le 
baril de Brent cédait 1,46% à 43,20 dollars le baril  LCOc1  
tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, 
WTI) abandonnait 2,58% à 40,02 dollars  CLc1 . 
    Les pays les plus pauvres de l'Opep ont tenté jusqu'au 
dernier moment de convaincre les plus riches, emmenés par 
l'Arabie saoudite, de réduire les pompages pour tenter de 
soutenir les prix. 
    Mais Ryad et ses alliés du Golfe ont choisi de s'en tenir à 
leur stratégie de défense des parts de marché, censée faire 
baisser les cours au point de décourager les producteurs dont 
les coûts sont les plus élevés, à commencer par ceux de pétrole 
de schiste aux Etats-Unis.  
    Les responsables saoudiens avaient auparavant déclaré qu'ils 
n'étaient prêts à envisager une baisse de la production qu'à la 
condition que l'Irak et l'Iran, tous deux membres de l'Opep, 
acceptent de coopérer, et que des pays extérieurs à 
l'organisation, comme la Russie, se joignent à elle.  
    Mais Moscou a réaffirmé cette semaine ne pas croire à 
l'efficacité d'une politique concertée; quant à l'Irak et 
l'Iran, ils n'ont manifesté aucun signe de leur volonté de 
réduire leur production. 
     
    UNE COOPÉRATION ENTRE OPEP ET NON-OPEP PEU PROBABLE 
    Si la baisse des cours depuis 18 mois autorise Ryad à se 
targuer d'une victoire au moins partielle contre le pétrole de 
schiste américain, la production de la Russie, l'autre grand 
producteur extérieur à l'Opep, reste supérieure aux attentes, 
contribuant à la croissance constante des stocks mondiaux. 
    Cette situation n'est cependant pas sans conséquences 
néfastes pour l'Arabie saoudite, confrontée à une chute de ses 
recettes pétrolières telle que le gouvernement a évoqué la 
possibilité d'instaurer une TVA et de réduire les subventions 
publiques à l'énergie.  
    L'Opep a renoncé il y a plusieurs années déjà aux quotas de 
production par pays et la plupart de ses membres produisent 
autant qu'ils le veulent. 
    Le ministre russe Alexander Novak a déclaré jeudi que l'Opep 
devrait aligner son plafond de production avec sa production 
réelle.  
    Un ajustement du plafond pourrait contribuer à rapprocher 
les positions de l'Opep de celles des pays non-Opep. La dernière 
collaboration entre les deux blocs remonte à près de 15 ans: ils 
avaient limité la production et soutenu les cours à la suite de 
la crise financière de 1998.  
    Le prix du baril a baissé de plus de moitié en 18 mois, 
passant de 115 dollars à environ 45 dollars. Et le relèvement 
des taux d'intérêt américains, attendu pour la mi-décembre, 
pourrait accentuer cette baisse en faisant monter le dollar. 
    
 
 (avec Vladimir Soldatkin à Vienne, Shadia Nusralla et Marianna 
Parraga à Houston; Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le 
service français, édité par Patrick Vignal) 
 

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