L'Opep devrait observer le statu quo

le , mis à jour à 12:01
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par Alex Lawler et Rania El Gamal VIENNE, 5 juin (Reuters) - L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) devrait s'en tenir à sa politique de production abondante en dépit des risques d'une rechute des cours dans la mesure où des pays membres tels que l'Iran et la Libye veulent augmenter leurs exportations. L'Opep doit ainsi reconduire son plafond de production de 30 millions de barils par jour (bpj) au terme de sa réunion qui doit débuter à 10h00 GMT, prolongeant la thérapie de choc du marché appliquée en novembre par l'Arabie saoudite qui n'entendait plus soutenir les cours par le biais d'une réduction de sa production. Les cours ont rebondi de plus d'un tiers depuis le plancher de six ans de 45 dollars touché en janvier et de ce fait les participants de la réunion de Vienne ne voient aucune raison de modifier une stratégie qui a eu pour effet de raviver une croissance défaillante de la consommation mondiale et de freiner quelque peu l'expansion du pétrole de schiste aux Etats-Unis. "Je suis tout à fait satisfait de la situation du marché pétrolier", a dit le ministre du Pétrole saoudien Ali al-Naimi au journal al-Hayat. Il a déclaré à la presse vendredi qu'il était persuadé que la production de gisements marginaux en dehors de l'Opep diminuerait même aux cours actuels. "La décision prise en novembre était la bonne", a déclaré le ministre de l'Energie des Emirats arabes unis Suhail bin Mohammed al-Mazroui. "Il faudra du temps pour rééquilibrer le marché". L'Opep ne semble pas particulièrement inquiète de voir revenir en force sur le marché des pays membres tels que l'Iran et la Libye après des années de sous-production. Le ministre iranien Bijan Zanganeh veut être sûr que les autres membres de l'Opep laisseront Téhéran mettre sur le marché jusqu'à un million de barils par jour (bpj) de plus une fois que les sanctions occidentales auront été assouplies. Mais il ne semble qu'il ira jusqu'à la confrontation pour avoir gain de cause et il a dit lui-même, en prélude à la réunion, qu'il ne réclamerait pas une modification du plafond. "Lorsque la production sera là, la question se règlera d'elle-même", a dit à Reuters un délégué de l'Opep. Ce qui risque d'attendre jusqu'à l'année prochaine, de l'avis de nombre d'experts. La Libye, en pleine guerre civile, espère doubler sa production pour la porter au million de bpj d'ici septembre, si les principaux terminaux reprennent le travail mais elle n'a pu jusqu'ici assurer une reprise régulière des livraisons. Le baril de Brent de mer du Nord LCOc1 est stable à 62 dollars vendredi, tandis que le brut texan WTI CLc1 cède 0,4% à 57,8 dollars. Ce dernier est bien parti pour subir sa première perte hebdomadaire depuis mars mais certains analystes voient le marché remonter encore la pente. "Le marché évolue dans le sens de l'Opep", dit Gary Ross, président de PIRA Energy Group. "Les prix stimulent une solide croissance de la demande (...) C'était la stratégie saoudienne et ça marche". (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)


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