L'Opep devrait confirmer sa stratégie de production élevée

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    par Rania El Gamal et Alex Lawler 
    VIENNE, 4 décembre (Reuters) - L'Organisation des pays 
exportateurs de pétrole (Opep) devrait confirmer sa stratégie de 
maintien de sa production à des niveaux élevés, lors de sa 
réunion à Vienne vendredi, rapportent des sources, l'Arabie 
saoudite ayant indiqué aux autres membres du cartel qu'elle ne 
comptait pas proposer de baisse du plafond. 
    Trois délégués de l'Opep et d'autres sources ont indiqué que 
le plafond de production serait maintenu à 30 millions de barils 
par jour (bpj), le cartel s'en tenant à sa stratégie de défense 
de sa part de marché plutôt que de chercher à faire remonter les 
cours qui sont à leur plus bas niveau en près de sept ans. 
    Interrogé sur la probabilité que l'Opep laisse sa politique 
inchangée, le ministre angolais du Pétrole, Jose Botelho de 
Vasconcelos, a dit: "Je le pense, je le pense. Mais il vaut 
mieux attendre parce que nous allons analyser la situation."  
    L'Opep devrait même repousser sa décision de procéder à un 
relèvement technique du plafond de production pour prendre en 
compte jusqu'à l'an prochain le retour de l'Indonésie au sein du 
cartel. Selon une source, l'organisation pourrait toutefois 
relever le plafond officiel pour l'aligner sur la production 
effective, qui dépasse le plafond d'environ 1,5 million de 
barils par jour.  
    Les sources estiment qu'il y a peu de chances que l'Arabie 
saoudite présente une proposition formelle de baisse de la 
production que Ryad conditionne à une décision similaire des 
pays non-Opep. 
     
    L'IRAN VEUT RETROUVER SA PRODUCTION D'AVANT LES SANCTIONS 
    Lors d'une réunion ministérielle informelle tenue jeudi, le 
ministre saoudien du pétrole, Ali al-Naïmi, a dit que le royaume 
"ne propose pas une réduction d'un million de bpj", selon une 
source rapportant les propos d'un des ministres. 
    "(Le ministre) a dit que l'Arabie saoudite resterait ferme 
sur sa position de refus de toute réduction de la production qui 
n'aurait pas été préalablement coordonnée avec les pays 
non-Opep, ce qui vise à l'évidence la Russie." 
    La revue spécialisée Energy Intelligence rapportait jeudi 
que Ryad était disposé à défendre une réduction d'un million de 
bpj à condition que l'Irak accepte de geler sa production, que 
l'Iran contribue et que les pays hors-Opep réduisent eux aussi 
leur production. Une source saoudienne a dit à Reuters que cette 
information était "sans fondement", sans plus de précision. 
    La Russie et l'Irak ont rapidement réagi en disant qu'ils 
n'avaient aucun projet de réduction de leur production et l'Iran 
a signalé qu'il se réservait la possibilité de relever fortement 
sa production dès que les sanctions occidentales qui pèsent sur 
lui seraient levées, sachant que les autres membres de l'Opep 
profitent depuis trop longtemps des sanctions qui ont maintenu 
son offre à des niveaux artificiellement bas.         
    Le ministre saoudien du Pétrole a déclaré vendredi matin que 
la croissance de la demande mondiale pourrait absorber la hausse 
prévisible de la production iranienne et le ministre iranien 
Bijan Zangeneh a fait savoir que Téhéran ne serait disposé à 
discuter de quotas dans le cadre de l'Opep, ou d'autres 
dispositions, qu'une fois que le pays aura retrouvé ses niveaux 
de production d'avant les sanctions.      
     
    S'ADAPTER À LA RÉALITÉ 
    Le ministre irakien du Pétrole Adel Abdel Mahdi a annoncé de 
son côté que son pays augmenterait encore la production l'an 
prochain, après l'avoir fortement relevée en 2015, tout en 
ajoutant que l'Iran avait également le droit de produire 
davantage une fois les sanctions occidentales levéées.  
    "Aucune action ne sera prise parce qu'il y a d'énormes 
désaccords entre les membres, encore plus importants maintenant 
que l'excédent d'offre ne vient plus seulement des Etats du 
Golfe, mais de l'Iran, qui est disposée à se battre pour 
récupérer sa part de marché", a observé la source informée par 
l'un des ministres de l'Opep. 
    L'issue de la réunion est claire mais on ne peut écarter 
l'éventualité que l'Opep reconnaisse que la production est de 
facto nettement supérieure au plafond officiel, qui serait ainsi 
relevé à 31,5 millions de bpj pour s'adapter à la réalité. 
    L'Opep a renoncé à faire respecter les quotas il y a 
plusieurs années de cela et la plupart de ses membres produisent 
autant qu'ils veulent. 
    Le ministre russe Alexander Novak avait déclaré jeudi que 
l'Opep devrait porter ses niveaux de production au plus près de 
la réalité. Un ajustement du plafond pourrait ainsi contribuer à 
rapprocher l'Opep des pays non-Opep. La dernière collaboration 
entre les deux blocs remonte à près de 15 ans: ils avaient 
limité la production et soutenu les cours à la suite de la crise 
financière de 1998.  
    Le prix du baril a baissé de plus de moitié en 18 mois, 
passant de 115 dollars à environ 45 dollars. Le relèvement des 
taux d'intérêt américains, attendu pour la mi-décembre, pourrait 
accentuer cette baisse des cours, qui s'explique principalement 
par la surabondance de l'offre face à une demande atone. 
 
 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrifd 
Exbrayat) 
 
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