L'OPA sur Heinz, témoin de la reprise des fusions-acquisitions

le
0
L'OPA SUR HEINZ TÉMOIGNE DU REGAIN D?ACTIVITÉ DES FUSIONS-ACQUISITIONS
L'OPA SUR HEINZ TÉMOIGNE DU REGAIN D?ACTIVITÉ DES FUSIONS-ACQUISITIONS

par Michael Erman

(Reuters) - L'activité de fusions et acquisitions (M&A) a fortement repris aux Etats-Unis sur les deux premiers mois de 2013, à la faveur de la hausse des marchés boursiers et des taux d'intérêt bas qui redonnent confiance aux entreprises pour mener à bien des projets de croissance externe après des années d'attentisme.

L'annonce jeudi de trois opérations, dont le spectaculaire rachat de H.J. Heinz Co par Berkshire Hathaway, le véhicule d'investissement de Warren Buffett, vient porter le montant des opérations de M&A à 158,5 milliards de dollars aux Etats-Unis depuis le début de 2013.

Ce montant est plus du double de celui enregistré lors des six premières semaines de 2012 et il représente 57% de l'ensemble de l'activité de fusions-acquisitions dans le monde sur la période, selon Thomson Reuters Deals Intelligence.

Outre l'OPA de 23 milliards de dollars de Berkshire Hathaway et du fonds 3G Capital sur Heinz, jeudi a vu l'annonce de la fusion d'American Airlines et de US Airways Group, sans oublier l'offre révisée du brasseur Anheuser-Busch InBev pour reprendre le mexicain Grupo Modelo moyennant 20 milliards de dollars.

Jim Woolery, co-responsable des M&A chez JPMorgan en Amérique du Nord, juge que les conditions sont réunies pour une reprise de l'activité et cite pêle-mêle les financements bon marché, le rebond des marchés boursiers et les réserves de liquidités des entreprises.

"En fait, on manquait surtout de conviction et de confiance. L'élection (présidentielle) et le mur budgétaire bloquaient les initiatives", estime-t-il. "Ces hypothèques ont maintenant disparu".

JP Morgan arrive en tête du classement des banques conseils pour les M&A cette année. Au cours des dernières semaines, la banque américaine a travaillé sur tous les gros dossiers qui ont fait l'actualité, Heinz bien sûr mais aussi le "buyout" de Dell par son fondateur et le fonds Silver Lake pour 24,4 milliards de dollars, l'offre de 16,7 milliards de dollars de Comcast sur les 50% de NBC Universal détenus par General Electric ou encore le rachat du câblo-opérateur britannique Virgin Media par Liberty Group pour 15,8 milliards de dollars.

Goldman Sachs Group et Bank of America Merrill Lynch occupent respectivement les deuxième et troisième rangs mondiaux devant la banque d'investissement indépendante Centerview Partners, quatrième.

Les volumes de M&A n'avaient que faiblement progressé dans le monde en 2012, du fait des incertitudes politiques et budgétaires aux Etats-Unis mais aussi de la crise de l'euro.

"Il n'y avait pas beaucoup de confiance l'an dernier. Elle est maintenant de retour, et les entreprises ont beaucoup de cash en conséquence des réductions de coûts qu'elles ont effectuées à partir de 2007-2008", relève Frank Aquila, chez Sullivan & Cromwell's.

"Maintenant, il leur faut de la croissance. Dans un environnement qui n'est pas porteur pour la croissance organique, elles se tournent vers les fusions-acquisitions".

Les professionnels s'attendent à une poursuite de la dynamique tout au long de l'année.

"On sent qu'on est à un point d'inflexion sur le marché des M&A", dit John Huwiler, responsable mondial des fusions-acquisitions chez Jefferies Group. "On a eu quatre méga-transactions annoncées en un court laps de temps - c'est un signe de confiance qui à notre avis va entraîner une accélération du rythme d'activité".

"C'est la vérité fondamentale de ce marché, qui se vérifie depuis des années : les deals appellent d'autres deals", confirme Jim Woolery de JP Morgan.

Avec Jessica Toonkel et Olivia Oran, Véronique Tison pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant