L'Onu tente la transparence pour le choix de son prochain patron

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    * Huit candidats à la succession de Ban Ki-moon 
    * La moitié sont des femmes 
    * Ils sont auditionnés sur trois jours à partir de mardi 
 
    par Michelle Nichols et Louis Charbonneau 
    NATIONS UNIES, 12 avril (Reuters) - Après 70 années de 
secret, les candidats au poste de nouveau secrétaire général des 
Nations unies auront l'occasion de présenter leur programme à 
l'Assemblée générale de l'Onu pendant trois jours à partir de 
mardi dans l'espoir d'influencer le Conseil de sécurité qui 
sélectionne le gagnant. 
    Autre nouveauté, plus d'un quart des Etats membres, soit au 
moins 56 pays, veulent que le neuvième secrétaire général soit 
une femme pour la première fois depuis la création de l'Onu il y 
a 70 ans. La moitié des candidats retenus à la succession du 
Sud-Coréen Ban Ki-moon sont des femmes. Le deuxième mandat de 
cinq ans de l'actuel secrétaire général se termine fin décembre. 
    Après les changements institués par l'Assemblée générale 
l'an dernier, la liste des candidats a été pour la première fois 
rendue publique avec leurs lettres de sélection et leurs C.V. 
affichés sur internet. (http://www.un.org/pga/70/sg/) 
    Autre première, les huit candidats présélectionnés seront 
auditionnés par l'Assemble générale sur trois jours à partir de 
mardi. Chacun aura deux heures pour se présenter et répondre aux 
questions. 
    De prime abord, il s'agit d'un pas vers la démocratisation 
d'une processus de sélection très secret contrôlé par les cinq 
membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, 
France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine et Russie, ceux qui 
disposent d'un droit de veto.  
    Ce sont eux qui recommandent officiellement un candidat aux 
193 membres de l'Assemblée générale, dont le vote, ensuite, a 
longtemps été considéré comme un simple vote d'assentiment. 
    Aussi, n'est-il pas exclu que les cinq membres permanents 
continuent à choisir leur poulain en coulisse comme c'est le cas 
depuis 70 ans. 
    Il n'y aura d'ailleurs pas de vote ou de sondage informel de 
l'Assemblée générale pour signaler au Conseil de sécurité qui 
pourrait être le candidat ayant ses faveurs. 
     
    UN SECRÉTAIRE OU UN GENERAL ? 
    Selon certains diplomates, la Russie, en privé, ne se montre 
pas très enthousiaste de cette nouvelle transparence, et 
considère les auditions des candidats prévues mardi, mercredi et 
jeudi comme non pertinentes. 
    Le principal intérêt de Moscou, disent-ils, est de s'assurer 
que le nouveau patron de l'Onu soit originaire d'Europe de 
l'Est, conformément à une tradition non écrite qui voit le poste 
attribué tour à tour à diverses régions du monde. 
    Le Conseil de sécurité tiendra sans doute son premier vote 
informel en juillet à huis-clos dans le but de prendre une 
décision définitive en septembre, de sorte que l'Assemblée 
générale puisse élire le prochain secrétaire général en octobre. 
    Les quatre candidates femmes présélectionnées sont : la 
Bulgare Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, la Croate 
Vesna Pusic et la Moldave Natalia Gherman, deux ex-ministres des 
Affaires étrangères et l'ancienne Première ministre de 
Nouvelle-Zélande Helen Clark, qui dirige aujourd'hui le 
Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). 
    Les quatre hommes candidats sont les anciens ministres des 
Affaires étrangères de Macédoine et du Montenegro Srgjan Kerim 
et Igor Luksic, l'ancien président slovène Danilo Turk et 
l'ancien Premier ministre portugais et ex-Haut Commissaire des 
Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. 
    D'après certains diplomates, les cinq membres permanents du 
Conseil de sécurité préfèrent un "secrétaire" qu'un "général". 
Ce qui expliquerait le choix du très souple Ban Ki-moon auquel 
aurait poussé Washington en 2006 qui n'avait pas apprécié que le 
prédécesseur du Sud-Coréen, le Ghanéen Kofi Annan, qualifie 
d'illégale la guerre menée par les Etats-Unis en Irak à partir 
de 2003. 
    Mais certains pays veulent cette fois un "général" à même de 
faire le ménage après les diverses affaire qui ont entaché la 
réputation de l'Onu et notamment celle des abus sexuels menés 
par les soldats de la paix en République centrafricaine. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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