L'Onu suspend tous ses convois en Syrie après la frappe d'Alep

le , mis à jour à 15:23
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 (Actualisé avec Moscou et Damas qui nient toute responsabilité) 
    GENEVE, 20 septembre (Reuters) - Les Nations unies ont 
suspendu la circulation de tous leurs convois humanitaires en 
Syrie après la frappe aérienne qui a touché un convoi de 31 
camions lundi soir près d'Alep, a annoncé mardi un porte-parole. 
    A Moscou, le ministère de la Défense a nié toute implication 
de l'aviation russe ou syrienne dans ce bombardement qui a fait 
au moins 12 morts et provoqué l'indignation de la communauté 
internationale. 
    "Seuls les insurgés qui contrôlent cette région savaient où 
se trouvait le convoi", a affirmé le porte-parole du ministère, 
Igor Konachenkov dans un communiqué lu à la télévision publique 
Rossiya-24. 
    L'armée de Bachar al Assad a de son côté affirmé que les 
informations de presse la mettant en cause étaient "fausses", 
rapporte l'agence de presse officielle Sana. 
    S'ils ne sont pas rapidement étayés par les faits, ces 
démentis ne devraient pas être de nature à rassurer les agences 
humanitaires sur les intentions de la Russie et du gouvernement 
de Damas, qui venait d'autoriser les Nations unies à acheminer 
de l'aide à toutes les zones assiégées du pays après avoir 
longtemps tergiversé. 
    "Par mesure de sécurité immédiate, les autres mouvements de 
convois en Syrie sont suspendus pour le moment dans l'attente 
d'une nouvelle évaluation des conditions de sécurité", a déclaré 
le porte-parole de l'Onu lors d'un point de presse. 
    Les convois humanitaires à destination de quatre villes 
syriennes seront suspendus, a pour sa part annoncé un haut 
responsable du Comite international de la Croix-Rouge (CICR). 
    Selon l'Onu, 18 des 31 camions du convoi qui se rendait 
lundi dans la ville d'Ourm al Koubra ont été touchés par les 
bombardements attribués par l'Observatoire syrien des droits de 
l'homme (OSDH) à l'aviation russe ou syrienne.  
    Le président du CICR, Peter Maurer, a déclaré que l'attaque 
d'Alep était une "violation flagrante" du droit humanitaire 
international et qu'elle était "inacceptable". 
    "Ne pas protéger les travailleurs humanitaires et leurs 
structures pourrait avoir de graves répercussions sur le travail 
humanitaire dans le pays", a ajouté Peter Maurer. 
    A New York, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le 
chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ont entamé mardi un 
entretien consacré à la Syrie et à l'attaque aérienne dont a été 
la cible le convoi d'aide humanitaire, ont rapporté les agences 
de presse russes. 
 
 (Tom Miles et Stephanie Nehebay, avec Vladimir Soldatkin à 
Moscou et Lisa Barrington à Beyrouth; Danielle Rouquié et Tangi 
Salaün pour le service français) 
 
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