L'Onu souhaite embrayer sur le succès de l'accord iranien

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    * L'entrée en vigueur du traité patine toujours 20 ans après 
    * L'Otice souhaite une réunion ministérielle en juin à 
Vienne 
 
    PARIS, 1er février (Reuters) - L'organisation du traité 
d'interdiction complète des essais nucléaires (Otice) souhaite 
profiter de la dynamique insufflée par l'accord sur le nucléaire 
iranien pour fixer une feuille de route en 2016 visant à 
accélérer l'entrée en vigueur du traité.  
    La question de la ratification du Tice, qui interdit tous 
les types d'explosions nucléaires, a été relancée début janvier 
par le quatrième essai nucléaire de la Corée du Nord qui a 
affirmé avoir testé une bombe H miniaturisée.  
    Ouvert à la signature en 1996, le Tice compte à l'heure 
actuelle 183 Etats membres. Pour entrer en vigueur, le texte 
doit être ratifié par 44 Etats détenteurs de la technologie 
nucléaire. Huit pays manquent encore à l'appel : la Chine, la 
Corée du Nord, l'Egypte, les Etats-Unis, l'Inde, l'Iran, Israël 
et le Pakistan. 
    "Il y a urgence", a déclaré lundi Lassina Zerbo, secrétaire 
exécutif de l'Otice, une agence liée à l'Onu, à l'issue d'un 
entretien avec le chef de la diplomatie française Laurent 
Fabius, à Paris. 
    L'essai nord-coréen a permis de "rappeler que ça fait vingt 
ans (que le traité a été ouvert à signature-NDLR) et que les 
essais sont toujours permis", a-t-il souligné devant des 
journalistes. "La seule manière d'arrêter ça, c'est l'entrée en 
vigueur du Tice" qui ouvrirait la voie à un mécanisme de 
vérification et de sanctions. 
    Déterminé à relancer un dossier "qui traîne depuis 20 ans", 
l'Otice souhaite porter la question au niveau ministériel en 
2016 sous la forme d'une réunion qui pourrait se tenir en juin à 
Vienne, siège de l'organisation.         
    "Il faut une réunion ministérielle qui suive la dynamique de 
la diplomatie multilatérale" insufflée par la COP 21 et l'accord 
sur le nucléaire iranien, a souligné Lassina Zerbo.  
    L'Iran et les grandes puissances du groupe P5+1 (Etats-Unis, 
Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) ont conclu 
en juillet dernier un accord sur le programme nucléaire de 
Téhéran au terme de douze années d'efforts et de crises 
diplomatiques.     
     
    "CADRE DE CONFIANCE" 
    Concernant le Tice, l'idée, a expliqué Lassina Zerbo, serait 
d'entériner une feuille de route qui créerait "les conditions de 
confiance qui amèneraient à la ratification des huit pays 
restants pour une entrée en vigueur du Tice". 
    Cette ratification est "la seule issue pour mettre un terme 
aux essais nucléaires de façon générale, pas seulement en Corée 
du Nord, mais partout" dans le monde.  
    La feuille de route pourrait inclure un moratoire au 
Moyen-Orient, une discussion avec la Corée du Nord "pour 
l'amener à observer un moratoire sur les essais nucléaires" et 
un cadre de confiance entre Chine et Etats-Unis.  
    Aux Etats-Unis, le président américain Barack Obama "en a 
fait sa priorité mais il a les mains liées parce qu'il n'a pas 
la majorité au Sénat (...)", a estimé Lassina Zerbo.  
    La question du leadership de la réunion de juin a été 
abordée lors de l'entretien entre Laurent Fabius et le 
secrétaire exécutif qui rencontrera le chef de la diplomatie 
russe dans une dizaine de jours et a déjà rencontré des 
responsables allemands et chinois.  
    En février, lors de son discours sur la dissuasion nucléaire 
à Istres, François Hollande avait fait de l'entrée en vigueur 
"au plus tôt" du traité une priorité.  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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