L'Onu signale de nouveaux "crimes de guerre" de l'EI en Irak

le
0
    GENEVE, 11 novembre (Reuters) - L'Etat islamique a exécuté 
des dizaines de personnes autour de Mossoul cette semaine et 
serait en train de stocker des produits chimiques dangereux dans 
des zones résidentielles, a annoncé vendredi la porte-parole du 
Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'Onu, en employant 
les termes de crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. 
    Un charnier contenant plus de 100 corps a été découvert à 
Hammam al Alil, au sud de Mossoul, a déclaré Ravina Shamdasani. 
Ces informations proviennent de nombreuses sources, a-t-elle 
précisé, et notamment de personnes vivant dans des zones tenues 
par l'EI. Elle a évoqué le cas d'un homme ayant échappé à une 
exécution de 50 militaires irakiens en faisant le mort et qui a 
ainsi pu rendre compte. 
    "Il y a à l'évidence de nombreux 'champs de la mort'", 
a-t-elle déclaré en utilisant le terme employé pour les lieux 
d'exécution du génocide cambodgien. "Nous avons des informations 
au sujet d'autres charniers que nous n'avons pour l'instant pas 
pu vérifier." 
    Elle a notamment évoqué l'aéroport de Mossoul, dans le sud 
de la ville, et le village de Tal al Sahab. 
    La porte-parole du Haut-Commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein a 
également évoqué la découverte par l'armée irakienne de stocks 
importants de soufre et des "informations crédibles" selon 
lesquelles l'EI a utilisé des "projectiles luminescents" sur 
Kayyara, près de Mossoul. 
    Shamdasani a aussi évoqué le cas de 40 civils qui auraient 
été passés par les armes mardi pour "trahison et collaboration" 
avec les forces gouvernementales. Leurs corps ont été suspendus 
à des poteaux électriques autour de Mossoul. 
    Le même jour, un homme de 27 ans a été exécuté pour avoir 
utilisé un téléphone mobile. Six hommes ont été pendus le 20 
octobre pour avoir dissimulé des cartes SIM pour téléphones 
portables. Mercredi, 20 encore sont morts pour avoir transmis 
des informations aux forces de sécurité. 
    L'EI a déployé ce qu'elle appelle ses "fils du califat", qui 
portent des ceintures d'explosifs dans la vieille ville de 
Mossoul. Selon des informations non confirmées qui sont 
parvenues aux Nations unies, il s'agirait d'adolescents et de 
jeunes garçons. 
    L'Onu a aussi vérifié une vidéo de propagande de l'EI 
montrant quatre enfants, parmi lesquels figureraient un Russe et 
un Ouzbek, en train d'exécuter quatre personnes pour espionnage. 
    Les Nations unies ont également appris que les femmes 
enlevées, notamment celles de la minorité yazidie, étaient 
"distribuées" aux combattants de l'EI. 
    "Nous parlons de crimes de guerre, de crimes contre 
l'humanité", a déclaré Ravina Shamdasani. 
    Vendredi dernier, elle avait évoqué l'exécution de plusieurs 
centaines de personnes aux alentours de Mossoul.   
    Le 1er novembre, elle a fait état de 40 anciens membres des 
services de sécurité irakiens exécutés près de Mossoul. 
  
    Fin octobre, elle avait révélé le massacre de 232 personnes 
près de Mossoul et l'enlèvement de milliers de civils pour 
servir de boucliers humains à l'EI.   
 
 (Tom Miles et Stephanie Nebehay; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant