L'Onu s'inquiète pour Alep, demande à Ankara d'ouvrir sa frontière

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    par Stephanie Nebehay et Tom Miles 
    GENEVE, 9 février (Reuters) - Les Nations unies, qui 
s'inquiètent pour les civils d'Alep, la grande ville du 
nord-ouest de la Syrie, ont demandé mardi aux autorités turques 
d'ouvrir leurs frontières aux dizaines de milliers de réfugiés 
syriens qui ont déjà fui l'offensive lancée au début du mois par 
les forces gouvernementales. 
    William Spindler, porte-parole du Haut Commissaire de l'Onu 
pour les Réfugiés (HCR), a déclaré que l'agence onusienne 
comprenait les inquiétudes d'Ankara sur un nouvel afflux 
possible de réfugiés dans un pays qui héberge déjà plus de 2,5 
millions de Syriens ayant fui la guerre. 
    "Néanmoins, un grand nombre de gens ne sont pas autorisés à 
franchir la frontière. Nous demandons à la Turquie, ainsi 
qu'elle l'a déjà fait, d'ouvrir sa frontière à tous les civils 
qui fuient le danger en Syrie et qui nécessitent d'une 
protection internationale", a-t-il ajouté. 
    D'après les autorités turques, quelque 70.000 réfugiés 
syriens pourraient gagner la zone frontalière si l'offensive 
militaire se poursuit dans la région d'Alep. Le Premier 
ministre, Ahmet Davutoglu, a déclaré mardi que son pays ne 
fermerait pas ses portes à ses réfugiés. 
    L'Onu redoute en outre que plusieurs centaines de milliers 
de civils se retrouvent privés de nourritures dans Alep si les 
forces gouvernementales syriennes, appuyées par l'aviation russe 
et leurs alliés iraniens, parviennent à encercler les quartiers 
de la ville toujours contrôlés par les insurgés. 
    La bataille d'Alep, naguère la ville la plus peuplée de 
Syrie avec deux millions d'habitants, apparaît comme l'un des 
tournants du conflit qui entrera le mois prochain dans sa 
sixième année. 
    "Si le GoS (gouvernement syrien) et ses alliés coupent la 
dernière voie permettant de sortir de l'est d'Alep, jusqu'à 
300.000 personnes résidant toujours dans la ville seront coupées 
de l'aide humanitaire à moins que des sauf-conduits puissent 
être négociés", a prévenu le bureau de coordination des affaires 
humanitaires (Ocha) dans un communiqué. 
    En outre, si les forces gouvernementales syriennes 
poursuivent leur progression, entre 100.000 et 150.000 civils 
pourraient fuir la ville, ajoute Ocha qui s'appuie sur les 
estimations de conseils locaux. 
    Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a 
annoncé de son côté qu'il avait commencé à distribuer des 
rations alimentaires à Azaz, ville syrienne située à une 
cinquantaine de kilomètres au nord d'Alep et à une demi-douzaine 
de kilomètres seulement de la frontière turque, qui fait déjà 
face à un nouvel afflux de réfugiés. 
 
 (avec Daren Butler à Ankara; Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Nicolas Delame) 
 
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