L'Onu s'inquiète d'importants abus dans le sud des Philippines

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    GENEVE, 28 décembre (Reuters) - De nombreuses exactions ont 
été commises contre une communauté musulmane de l'île de 
Mindanao dans le sud des Philippines dans le cadre de la loi 
martiale imposée par le président Rodrigo Duterte, indiquent des 
experts des Nations unies. 
    Duterte estime que Mindanao est un "foyer de troubles" et de 
violences commises par des islamistes et des rebelles 
communistes, une situation qui justifie, selon lui, la loi 
martiale. 
    Cette mesure restrictive a été imposée en mai après que des 
activistes islamistes ont pris le contrôle de la ville de 
Marawi. 
    Le siège de cinq mois imposé par les forces philippines a 
fait plus de 1.100 morts, principalement des activistes. Il 
s'est traduit par le déplacement de milliers de personnes 
appartenant à la communauté Lumad, expliquent Victoria 
Tauli-Corpuz et Cecilia Jimenez-Damary, rapporteurs du Conseil 
des droits de l'homme de l'Onu. 
    "Ils sont victimes d'importantes violations des droits 
humains dont certaines sont potentiellement irréversibles", 
précisent les deux expertes dans un communiqué. 
    "Nous craignons que la situation se détériore davantage si 
la loi martiale est prolongée jusqu'à la fin de 2018 dans le 
cadre d'une militarisation renforcée", ajoutent-elles. 
    Le gouvernement philippin redoute que l'île de Mindanao, 
grande comme la Corée du Sud et couverte en grande partie par la 
jungle, serve de havre pour des insurgés. 
     
 
 (Tom Miles; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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