L'Onu s'indigne du filtrage des réfugiés dans les Balkans

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    par Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 24 novembre (Reuters) - Les Nations unies ont 
condamné mardi les mesures prises récemment par plusieurs pays 
des Balkans pour filtrer les migrants en fonction de leur 
nationalité, alors qu'un millier d'entre eux sont bloqués à la 
frontière gréco-macédonienne. 
    "La sélection des demandeurs d'asile sur la base de leur 
nationalité présumée viole le droit de toute personne à demander 
l'asile, indépendamment de sa nationalité, et à obtenir que son 
cas individuel soit entendu", dit Ban Ki-moon, secrétaire 
général de l'Onu, dans un communiqué diffusé par son service de 
presse. Le diplomate invite en outre tous les États de la région 
à "réagir avec compassion, solidarité et une responsabilité 
partagée". 
    Face à l'afflux de réfugiés et de migrants, la Slovénie, qui 
appartient à l'espace Schengen, a décidé la semaine dernière de 
ne laisser passer que ceux qui fuient les conflits de Syrie, 
d'Irak et d'Afghanistan et de refouler les autres. 
    Croatie, Serbie et Macédoine lui ont emboîté le pas et les 
migrants dits "économiques" s'entassent depuis dans des camps de 
tentes aux frontières où les conditions de vie risquent d'être 
de plus en plus dures à l'approche de l'hiver. 
    "Les conséquences négatives de ces mesures sont déjà 
notables car des personnes sont désormais bloquées dans certains 
pays des Balkans sur leur parcours vers d'autres pays en Europe. 
Il n'y a aucune solution appropriée à leur situation", a déploré 
Adrian Edwards, porte-parole du Haut Commissariat de l'Onu aux 
réfugiés (HCR), selon lequel 1.000 personnes sont dans ce cas au 
principal point d'entrée en Macédoine, côté grec. 
      
    "UNE NOUVELLE CRISE HUMANITAIRE" 
    Soixante ont entamé une grève de la faim, 11 se seraient 
cousu la bouche et 150 sont retournées volontairement ces 
dernières 48 heures à Athènes où elles peuvent déposer une 
demande d'asile, a-t-il précisé.   
    "La frustration est croissante et des manifestations ont 
éclaté impliquant quelque 200 personnes - principalement des 
Iraniens, des Bangladais et des Pakistanais", a poursuivi Adrian 
Edwards. "Une nouvelle crise humanitaire se développe en Europe 
et il est urgent de le reconnaître. 
    "Toutes les personnes ont le droit de déposer une demande 
d'asile, indépendamment de leur nationalité, et chacun des cas 
individuels doit être examiné. Les personnes affectées par des 
décisions sur leur demande d'asile aux points de passage 
frontière doivent en être informées de manière appropriée et une 
aide psychosociale doit pouvoir leur être assurée", a-t-il 
ajouté.  
    L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a 
quant à elle annoncé que le nombre de réfugiés et de migrants 
arrivés sur les îles grecques était tombé dimanche à 155 pour la 
et à 478 autres dans les ports d'Athènes et de Kavala, alors que 
la moyenne quotidienne était de 4.500 depuis le début du mois.  
    "L'annonce d'un baisse importante du nombre de réfugiés 
arrivant en Grèce est peut-être prématurée. Le personnel du HCR 
à Lesbos rapporte que plus de 40 canots transportant environ 
2.000 migrants sont arrivés la nuit dernière et aujourd'hui", a 
souligné William Spindler, porte-parole de l'organisation, 
interrogé par Reuters. 
     
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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