L'ONU s'alarme des effets des perturbateurs endocriniens

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Sofia/shutterstock.com
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(AFP) - De nombreuses substances chimiques, dont les effets perturbateurs sur le système endocrinien pourraient favoriser l'émergence de cancers ou de troubles du système nerveux, doivent faire l'objet de recherches approfondies, plaident deux agences de l'ONU dans un rapport publié mardi.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mettent en évidence les risques que représentent ces substances, appelées perturbateurs endocriniens, quand elles pénètrent dans l'environnement.

Certains perturbateurs endocriniens sont naturels alors que d'autres, présents dans les pesticides, les appareils électroniques, les produits d'hygiène personnelle et les cosmétiques, sont synthétiques, souligne l'étude.

"Près de 800 substances chimiques sont reconnues ou suspectées d'interférer avec les récepteurs hormonaux et avec la synthèse ou la conversion des hormones", soulignent les agences.

"Toutefois, seule une petite fraction de ces substances ont été étudiées par des tests à même d'identifier leurs effets perturbateurs", ajoutent-elles.

Ces perturbateurs chimiques entrent dans l'environnement "principalement par le biais des effluents industriels et urbains, le ruissellement des terres agricoles et l'incinération et le rejet des déchets" et l'être humain y est exposé via la nourriture, la poussière, l'eau ou quand il inhale du gaz ou des particules présents dans l'air.

Ils peuvent contribuer à plusieurs types de pathologies, comme "la cryptorchidie (absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum) chez le jeune garçon, du cancer du sein chez la femme, du cancer de la prostate, de troubles du développement du système nerveux (...) chez l'enfant, ainsi que du cancer de la thyroïde", selon les agences de l'ONU.

Dans certains pays, jusqu'à 40% des jeunes hommes ont un sperme de mauvaise qualité, ce qui altère leur capacité à concevoir un enfant, souligne par exemple le rapport, qui rappelle aussi que "le taux global de cancers liés au système endocrinien a augmenté sur les 40 à 50 dernières années".

Pour autant, soulignent l'OMS et le PNUE, les connaissances encore "très lacunaires" ne permettent pas de connaître précisément le rôle des perturbateurs chimiques dans l'augmentation de ce type de pathologies, d'autres facteurs environnementaux ou "non génétiques", comme l'âge et la nutrition, pouvant aussi jouer.

"Nous devons mener d'urgence davantage de recherches", conclut dans un communiqué le Dr María Neira, directeur du département santé publique et environnement de l'OMS.

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