L'Onu s'alarme de la situation au Burundi

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    GENEVE, 15 janvier (Reuters) - Le haut-commissaire des 
Nations unies aux droits de l'homme a fait état vendredi de 
violences sexuelles commises par des membres des services de 
sécurité burundais et de témoignages évoquant l'existence de 
charniers où les corps d'une centaine de victimes des violences 
de décembre seraient ensevelis.  
    Les affrontements politiques qui ont éclaté fin avril, à 
l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 
troisième mandat ont fait au moins 439 morts et 200.000 
déplacés, selon l'Onu.  
    Malgré les recours de l'opposition, selon laquelle cette 
candidature était contraire à la Constitution et aux accords 
d'Arusha qui ont mis fin à la guerre civile en 2005, le chef de 
l'Etat a été reconduit le 21 juillet.  
    "Les attaques du 11 décembre contre trois camps militaires 
et les violations des droits de l'homme à grande échelle qui ont 
suivi semblent avoir déclenché des tendances nouvelles et 
profondément perturbantes de violations des droits de l'homme", 
dit le haut-commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein dans un 
communiqué. 
    "Nous avons documenté 13 cas de violence sexuelle contre des 
femmes, qui ont débuté lors des opérations de recherche et 
d'arrestation ayant eu lieu après les événements de décembre 
dans les quartiers perçus comme soutenant l'opposition", 
poursuit-il. 
    "Nous avons aussi reçu de nombreuses allégations selon 
lesquelles (...) les forces de police et de l'armée auraient 
arrêté un nombre considérable de jeunes hommes, dont beaucoup 
auraient ensuite été torturés, tués ou emmenés vers des 
destinations inconnues."  
    Le diplomate parle de témoignages évoquant l'existence d'au 
moins neuf charniers à Bujumbura et dans ses environs, où 100 
corps au moins auraient été jetés après les violences du 11 
décembre dernier.  
    "Les groupes d'opposition armés devenant plus actifs et la 
dimension ethnique - au potentiel mortifère - réapparaissant, 
tout ceci aboutira inévitablement à un désastre, à moins que la 
trajectoire actuelle de dégradation rapide de la situation ne 
cesse", conclut-il.  
 
 (Tom Miles, Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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