L'Onu presque sûre de l'usage d'armes chimiques en Syrie

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L'ONU ESTIME QUE DES ARMES CHIMIQUES ONT TRÈS PROBABLEMENT ÉTÉ UTILISÉES EN SYRIE
L'ONU ESTIME QUE DES ARMES CHIMIQUES ONT TRÈS PROBABLEMENT ÉTÉ UTILISÉES EN SYRIE

par Stéphanie Nebehay

GENEVE (Reuters) - Les enquêteurs des droits de l'homme de l'Onu ont dit mardi avoir des "motifs raisonnables" de penser que des armes chimiques ont été utilisées en "quantité limitée" en Syrie, sur la base d'entretiens avec des victimes, du personnel médical et d'autres témoins.

Dans leur dernier rapport, les experts indépendants disent avoir recueilli des éléments leur laissant penser que les forces gouvernementales et les rebelles ont eu recours à de telles armes. Le plus grand nombre de témoignages met toutefois en cause les troupes du président Bachar al Assad.

Les enquêteurs des Nations unies précisent avoir recueilli des témoignages sur quatre attaques chimiques, en mars et avril, mais n'avoir pas pu déterminer avec certitude qui en était à l'origine.

"Il y a des motifs raisonnables de penser que des quantités limitées de produits chimiques toxiques ont été utilisées. Il n'a pas été possible, compte tenu des éléments disponibles, de déterminer avec précision quels éléments chimiques ont été utilisés, leur moyen de diffusion ou qui les a utilisés", a déclaré Paulo Pinheiro, qui préside la commission d'enquête.

"Les témoins que nous avons interrogés incluent des victimes, des réfugiés qui ont fui certaines zones, et du personnel médical", a-t-il ajouté, sans vouloir se montrer plus précis pour des raisons de sécurité.

Le gouvernement syrien et les rebelles se sont mutuellement accusés d'avoir employé des armes chimiques.

Lors d'un débat au Conseil des droits de l'homme de l'Onu, mardi, l'ambassadeur syrien Faïçal Khabbaz Hamoui s'est interrogé sur "la neutralité et le professionnalisme" de la commission d'enquête.

"La Commission ne s'est pas penchée sérieusement sur les crimes commis par les groupes extrémistes", a-t-il accusé en citant en exemple les exécutions de prisonniers et une scène de cannibalisme "qui a horrifié le monde entier".

L'ambassadeur russe a de son côté demandé aux enquêteurs de se rendre à Khan al Assal, un village de la province d'Alep où l'une des quatre attaques recensées dans le rapport s'est produite, le 19 mars. Le gouvernement syrien a accusé les rebelles d'en être les auteurs.

"Il nous faut rappeler à cet égard que Damas est disposé à leur donner son feu vert", a déclaré Alexeï Borodavkine.

L'Onu a refusé d'envoyer des experts uniquement à Khan al Assal, exigeant de pouvoir enquêter sur toutes les accusations d'utilisation d'armes chimiques.

"NOUVEAU NIVEAU DE BRUTALITÉ"

Les experts, au nombre d'une vingtaine, n'ont pas eu accès au territoire syrien. Ils ont interrogé 430 personnes entre mi-janvier et mi-mai dans les pays voisins de la Syrie et en Syrie elle-même grâce à Skype.

L'un des experts, Vitit Muntarbhorn, a expliqué que leur travail avait consisté à croiser les informations sur l'usage d'armes chimiques et à observer les symptômes présentés par les victimes sur les vidéos diffusées notamment sur YouTube.

Les enquêteurs ont admis qu'ils n'avaient pas pu parvenir à des conclusions définitives et demandé à ce qu'une autre équipe d'experts nommés par le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, soit autorisée par Damas à se rendre sur les sites des attaques présumées pour collecter des échantillons.

Paulo Pinheiro a insisté sur le fait que le nombre de victimes de la guerre conventionnelle dépasse très largement celui de ces probables attaques chimiques.

"Le conflit en Syrie a atteint un nouveau niveau de brutalité", lit-on dans le rapport de 29 pages qui comptabilise 17 massacres pendant la période étudiée et 30 depuis septembre. "Les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les violations généralisées des droits de l'homme continuent d'augmenter."

Les autorités syriennes devront avoir des comptes à rendre pour leur politique qui inclut le siège et le bombardement de villes et les exécutions de civils, disent les enquêteurs.

"Les violations sont constantes et généralisées, preuve d'une politique concertée mise en oeuvre par les chefs de l'armée et du gouvernement", écrivent-ils.

Il s'agit du cinquième rapport rendu en 26 mois d'un conflit qui a fait plus de 80.000 morts depuis mars 2011.

COUR PÉNALE INTERNATIONALE

Les forces gouvernementales et les milices qui les soutiennent se sont rendues coupables de meurtres, d'actes de torture, de viols et d'autres actes inhumains, poursuit le rapport, publié au moment où les forces de Bachar al Assad et les miliciens chiites du Hezbollah libanais assiègent la ville de Koussaïr.

Les rebelles syriens et les djihadistes étrangers qui combattent à leurs côtés ont également assassiné des civils et des soldats faits prisonniers, souvent à l'issue de procès expéditifs, "mises en scène" illustrant le caractère de plus en plus confessionnel du conflit, selon l'Onu.

"Ils (les insurgés) continuent à mettre en danger la population civile en plaçant des objectifs militaires dans des zones civiles", dit le rapport.

Les crimes de guerre commis par les rebelles - meurtres, torture et viols - n'ont toutefois pas atteint l'intensité et l'ampleur de ceux auxquels se livrent les forces gouvernementales et leurs alliés, insistent les experts.

La commission d'enquête appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à s'assurer que les responsables de tels crimes seront traduits en justice, y compris éventuellement devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.

"Le temps où il faudra rendre des comptes viendra", a assuré Carla del Ponte, ancien procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et membre de la commission d'enquête. "Il viendra, quoi qu'il arrive."

Tangi Salaün pour le service français

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  • puck le mardi 4 juin 2013 à 12:33

    mais laissez les se gazer librement, ela ne nous concerne pas !

  • baljo le mardi 4 juin 2013 à 12:25

    Échec sur tous les plans, militaire, psy-op, moral occidentaux et de leur supplétif l'ONU.

  • baljo le mardi 4 juin 2013 à 12:21

    Oups " prouvable"

  • baljo le mardi 4 juin 2013 à 12:15

    Si l'ONU ne sait rien de trouvable, qu''elle se taise!

  • zzxcvb41 le mardi 4 juin 2013 à 11:55

    Ils oublient de dire que des Terroristes du Front Al Nosra ont ete attrape en Turquie en possession de gaz sarain.L'armée syrienne capture des bouteilles de gaz sarin dans un raid contre un repaire de rebelles à Hama.Stop a la propagande.Tout ce qui interesse la France est le gaz Syrien alors stop les blabla sur le mechant Bachar