L'Onu obtient un accès à Madaya et deux villages en Syrie

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 (Précisions, Hezbollah) 
    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 7 janvier (Reuters) - Les Nations unies ont 
annoncé jeudi que le gouvernement syrien avait autorisé l'envoi 
d'une aide humanitaire à Madaya, une ville proche de la 
frontière libanaise assiégée par les forces loyalistes et dont 
les habitants sont menacés de famine. 
    Dans un communiqué, l'Onu dit préparer la livraison d'une 
aide humanitaire à la ville dans les prochains jours, ainsi qu'à 
deux villages chiites de la province d'Idlib (Nord), Al Foua et 
Kefraya, encerclés, eux, par la rébellion. 
    Au moins dix personnes sont mortes de faim à Madaya au cours 
des six dernières semaines, d'après l'Observatoire syrien des 
droits de l'homme (OSDH), alors que des militants de 
l'opposition parlent de dizaines de morts, chiffre que Reuters 
n'est pas en mesure de confirmer.  
    Les miliciens chiites libanais du Hezbollah, alliés aux 
forces gouvernementales syriennes, ont affirmé jeudi dans un 
communiqué que personne n'était mort de faim dans la ville et 
ont accusé les insurgés syriens d'empêcher la population civile 
de s'en aller. 
    Pour le Hezbollah, le sort de la population de Madaya est 
exploité par les rebelles dans un but de "propagande". 
    La levée du blocus de cette localité par les forces 
gouvernementales est devenue l'une des principales exigences de 
l'opposition pour participer à des pourparlers de paix avec 
Damas. 
         
    LA FAIM ET LE FROID  
    "On vivait de feuilles d'arbres, de plantes, mais on est 
aujourd'hui piégé par une tempête de neige et il n'y a plus ni 
plantes ni feuilles", explique Madjed Ali, un insurgé âgé de 28 
ans joint par téléphone dans la ville. "Je pesais 114 kilos 
avant le siège. J'en pèse aujourd'hui 80." 
    Les habitants se débrouillent avec de l'eau parfumée avec 
des épices, du citron, du sel et du vinaigre, quand ils en ont, 
ajoute Abou Hassan Moussa, chef du conseil de l'opposition de 
Madaya. Le riz ou le lait en poudre, lorsqu'ils sont 
disponibles, peuvent atteindre 300 dollars le kilo. 
    Cinquante centimètres de neige sont tombés cette semaine et 
on brûle des meubles et des portes pour se chauffer, explique un 
autre militant. 
    Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies 
(Pam), plus de 40.000 personnes sont menacées de famine à 
Madaya. "Madaya a été ravitaillée pour la dernière fois le 17 
octobre avec 3.900 rations alimentaires, assez pour nourrir plus 
de 19.000 personnes pendant un mois. Depuis, aucune aide 
alimentaire ou humanitaire n'a pu parvenir dans ce secteur comme 
prévu", a expliqué Bettina Lüscher, porte-parole du Pam. 
    L'accès à la ville a été demandé à six reprises en 2015 par 
les agences humanitaires mais les autorités ne l'avaient accordé 
jusqu'ici qu'une seule fois. 
     
    CESSEZ-LE-FEU LOCAUX 
    Le sort de la ville paraît lié à celui des villages chiites 
d'Al Foua et Kefraya, assiégés par la rébellion dans la province 
d'Idlib. Un accord de cessez-le-feu a été conclu en septembre 
pour ces trois localités, ainsi que la ville de Zabadani, mais 
sa mise en oeuvre est lente. 
    La dernière livraison humanitaire à Madaya a été effectuée 
en même temps qu'une livraison similaire à Al Foua et Kefraya. 
    Le siège de Madaya a commencé il y a environ six mois, au 
début d'une offensive des forces gouvernementales et de son 
allié le Hezbollah libanais pour reprendre le contrôle des zones 
le long de la frontière syro-libanaise. 
    Selon une source proche du gouvernement syrien connaissant 
bien la situation à Madaya, il est faux de dire que les civils 
sont empêchés par les gouvernementaux de quitter la ville. Cette 
même source estime que le nombre d'habitants assiégés est 
exagéré. 
    L'OSDH rapporte pour sa part que 15 personnes, y compris des 
enfants, ont été tuées alors qu'elles essayaient de fuir la 
ville, soit par des tirs des forces loyalistes, soit par des 
mines. 
    Dans ce contexte, la perspective de pourparlers entre Damas 
et l'opposition, fin janvier à Genève, paraît bien lointaine. 
    L'une des conditions posées par l'opposition à ces 
négociations est l'accès de l'aide humanitaire aux zones 
assiégées ou difficiles à atteindre. 
    "Les négociations n'ont aucun sens tant que nous sommes 
assiégés, tant que nous rêvons d'une tasse de lait pour un 
enfant. Qu'est-ce qu'on va négocier ? Nos morts ?" dit l'un des 
militants de Madaya. 
 
 (Suleiman al-Khalidi, Laila Bassam et Mariam Karouny à 
Beyrouth, Stephanie Nebehay à Genève; Jean-Stéphane Brosse et 
Guy Kerivel pour le service français) 
 
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