L'Onu envisage à nouveau des parachutages d'aide en Syrie

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 (actualisé avec position de la Croix-Rouge) 
    GENEVE, 19 mai (Reuters) - L'émissaire pour les négociations 
de paix en Syrie, Staffan de Mistura, a indiqué jeudi que l'Onu 
se résoudrait "en dernier recours" à des largages aériens d'aide 
humanitaire si l'accès terrestre aux zones assiégées ne s'est 
pas amélioré d'ici le 1er juin. 
    "Nous voulons apporter de l'aide à tout le monde. Si la 
nourriture ne peut pas être transportée par convois, la solution 
de remplacement sont les largages aériens", a déclaré le 
diplomate devant la presse à Genève. 
    Ces largages "sont une option plus coûteuse, plus compliquée 
et plus dangereuse", a précisé Staffan de Mistura. "Les largages 
aériens sont donc le dernier recours mais nous nous en 
approchons", a-t-il poursuivi. 
    Le Comité international de la Croix-Rouge a lui aussi 
exprimé ses réticences vis-à-vis de ce mode de distribution 
d'aide. "Dans certains environnements, notamment dans les zones 
très peuplées, urbaines, comme le sont beaucoup des zones 
assiégées en Syrie, les largages représentent un véritable 
danger physique pour ceux à qui ils sont destinés", dit le CICR 
dans un document que Reuters a pu consulter. 
    "Pour éviter de provoquer des blessures inutiles et garantir 
une distribution ordonnée, non violente, de l'aide, les largages 
doivent être étroitement contrôlés" et ne doivent pas se 
substituer aux opérations terrestres, explique le Comité. 
    Le Programme alimentaire mondial (Pam) a déjà procédé à une 
trentaine de parachutages de nourriture et de fournitures dans 
la région de Daïr az Zour, assiégée par le groupe Etat islamique 
(EI), mais certains échecs ont empêché que ce type d'initiatives 
soient reproduites ailleurs. 
    "Il est évident qu'il est urgent de rétablir le nouveau 
round des négociations intra-syriennes", a poursuivi De Mistura, 
ajoutant que si l'accès humanitaire aux zones assiégées n'était 
pas amélioré c'était "la crédibilité de ces nouvelles 
négociations qui serait mise en doute". 
    Les Etats membres du Groupe international de soutien à la 
Syrie (GISS) réunis mardi à Vienne ne sont pas parvenus à fixer 
une date pour la reprise des discussions indirectes entre Damas 
et l'opposition, qui refuse toujours de renouer le dialogue 
faute d'une amélioration de la situation sur le terrain. 
    Malgré leur pessimisme, les 17 ministres des Affaires 
étrangères se sont engagés à oeuvrer au rétablissement du 
cessez-le-feu entré en vigueur fin février et mis à mal depuis 
le mois dernier par les combats autour d'Alep, la grande ville 
du Nord. ( ID:nL5N18E3VW ) 
 
 (Tom Miles et Stephanie Nebehay; Pierre Sérisier et Nicolas 
Delame pour le service français) 
 
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