L'Onu en quête d'une solution en Syrie sans "plan B"

le , mis à jour à 18:23
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    * "Moment de vérité pour la Syrie", dit Staffan de Mistura 
    * Il espère au moins "une feuille de route claire" 
    * "Discussions positives", selon la délégation de Damas 
    * L'envoyé de l'Onu poursuivra mercredi ses discussions 
 
 (Précisions, propositions de Damas) 
    par Tom Miles et Suleiman Al-Khalidi 
    GENEVE, 14 mars (Reuters) - Le médiateur de l'Onu Staffan de 
Mistura a ouvert lundi à Genève un nouveau cycle de pourparlers 
de paix sur la Syrie en déclarant que ce pays vivait un "moment 
de vérité" et qu'il espérait aboutir sinon à un accord de paix, 
du moins à une "feuille de route claire". 
    Le diplomate a néanmoins prévenu que s'il ne constatait pas 
de volonté de négocier parmi les représentants du régime de 
Damas et de l'opposition syrienne, il renverrait le dossier 
devant le Conseil de sécurité des Nations unies. 
    L'émissaire de l'Onu estime que trois séries ("rounds") de 
négociations indirectes permettront d'aboutir sinon à un accord, 
du moins à une feuille de route. Dans son esprit, la première 
série doit s'achever aux alentours du 24 mars. Suivra une pause 
de sept à dix jours avant un deuxième round, d'au moins deux 
semaines. Une nouvelle pause précédera un troisième round. 
    "D'ici là, nous pensons que nous aurons au moins une feuille 
de route claire, je ne dis pas un accord, mais une feuille de 
route claire, parce que c'est ce que les Syriens attendent de 
nous", a-t-il précisé. 
    Toutes les parties acceptent le principe d'une transition 
politique mais les représentants du régime et de l'opposition 
sont en total désaccord sur le sort du président Bachar al 
Assad. 
    Alors que la guerre civile syrienne qui a fait 250.000 morts 
et déplacé des millions de Syriens entre dans sa sixième année, 
Staffan de Mistura a souligné que le seul "Plan B" qu'il 
connaissait était une reprise de la guerre, encore pire que ce 
que les Syriens endurent depuis mars 2011.  
     
    CINQ ANS DE GUERRE 
    "Autant que je sache, le seul 'Plan B' possible serait une 
reprise de la guerre, et une guerre pire encore que celle que 
nous avons connue jusqu'ici", a-t-il dit. 
    "Si durant ces discussions et les prochaines séries nous ne 
voyons aucune volonté de négocier, nous renverrons la question 
auprès de ceux qui ont de l'influence, c'est-à-dire la 
Fédération de Russie, les Etats-Unis et le Conseil de sécurité", 
a-t-il ajouté. 
    Les négociations seront inclusives, a ajouté De Mistura lors 
d'une conférence de presse, assurant que tous les Syriens 
devaient avoir la possibilité d'être entendus, sans mentionner 
spécifiquement cependant une participation des représentants de 
la communauté kurde de Syrie, pour le moment exclue des 
discussions. 
    La liste des participants, a-t-il noté, sera "constamment 
révisée". 
    La reprise des négociations intersyriennes, suspendue début 
février avant même d'avoir véritablement débuté, a été rendue 
possible par la mise en oeuvre d'un "accord de cessation des 
hostilités", plus ou moins respecté mais qui a permis 
globalement de baisser le niveau de violence. 
    Mais si la récente coopération entre les Etats-Unis et la 
Russie, à l'origine de cet accord de cessation des hostilités 
entré en vigueur le 27 février, a ouvert la voie à la reprise 
des discussions à Genève, les positions du gouvernement et de 
l'opposition semblent laisser peu de place à un règlement 
négocié.   
     
    PROPOSITIONS DE DAMAS 
    Le gouvernement syrien a transmis au médiateur de l'Onu un 
document intitulé "éléments de base pour une solution 
politique", a annoncé Bachar Dja'afari qui conduit la délégation 
syrienne. 
    Dja'afari a précisé devant la presse qu'il avait eu un 
entretien positif et constructif avec Staffan de Mistura. 
    L'émissaire a indiqué pour sa part que des idées avaient été 
évoquées lors de ces discussions préparatoires qui doivent se 
poursuivre par une deuxième entrevue avec la délégation syrienne 
mercredi. 
    Ce nouveau rendez-vous devrait se concentrer sur les 
questions essentielles, a ajouté le diplomate, notamment la 
transition politique. 
    L'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 février, et 
qui ne concerne pas la lutte contre les groupes djihadistes Etat 
islamique (EI) et Front al Nosra, a permis une baisse 
d'intensité des affrontements mais des combats sont signalés 
quotidiennement sur plusieurs fronts. 
    Lundi, les forces gouvernementales et leurs alliés ont 
affronté des groupes islamistes dans l'ouest du pays, dans les 
provinces de Lattaquié et de Homs, a rapporté l'Observatoire 
syrien des droits de l'homme (OSDH). 
    Le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahman, a fait état d'une 
augmentation quotidienne des pertes au combat, après une baisse 
notable au début de la trêve. 
    Dans la province d'Alep, les pehsmergas kurdes ont affronté 
des groupes islamistes et des combats ont opposé des forces 
rebelles aux djihadistes de l'EI. 
 
 (Henri-Pierre André, Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le 
service français) 
 
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