L'Onu-Droits de l'homme s'inquiète des discours populistes

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 (Ajoute réaction de Geert Wilders) 
    LA HAYE, 6 septembre (Reuters) - Le Haut Commissaire des 
Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a 
déploré lundi l'essor des discours populistes dans les 
démocraties occidentales, reprochant aux Donald Trump, Geert 
Wilders et autre Marine Le Pen de recourir à une dangereuse 
"stratégie de la peur". 
    S'exprimant lors d'une conférence sur la sécurité et la 
justice organisée aux Pays-Bas, il a dit redouter que 
"l'atmosphère (devienne) lourde de haine". "A ce stade, elle 
peut vite dégénérer en une violence colossale", a-t-il 
poursuivi. 
    Citant nommément le candidat républicain à la Maison 
blanche, la présidente du Front national ou encore Nigel Farage, 
l'un des chefs de file du Brexit en Grande-Bretagne, il s'en est 
aussi pris à Geert Wilders, chef de file du Parti néerlandais de 
la liberté (PVV), jugeant "grotesque" sa promesse électorale 
d'interdire les migrants musulmans et le Coran. 
    En réponse, le dirigeant du parti d'extrême droite a 
qualifié dans un tweet le Haut Commissaire aux droits de l'homme 
d'"idiot". "L'Onu est grotesque", s'est-il défendu. 
"Débarassons-nous de ces bureaucrates". 
    Le PVV de Wilders est actuellement en tête des intentions de 
vote pour les élections législatives de mars prochain. 
    "Ne vous trompez pas, je ne compare pas les actions des 
démagogues nationalistes avec celles de Daech, qui sont aussi 
monstrueuses qu'écœurantes (...) Mais, à travers son mode de 
communication, ses demi-vérités, ses simplifications excessives, 
la propagande de Daech utilise des tactiques semblables à celles 
des populistes", a poursuivi Zeid Ra'ad Al Hussein. 
    "Des enfants sont humiliés et méprisés pour leurs origines 
ethniques ou religieuses. Peu importe ce que disent leurs 
passeports, on leur assène qu'ils ne sont pas de 'vrais' 
Européens, ou pas de 'vrais' Français, Anglais ou Hongrois. Des 
communautés entières se retrouvent ainsi engluées dans une 
suspicion de collusion avec les terroristes", a-t-il continué. 
    "L'histoire a peut-être appris à M. Wilders et compagnie 
comment la xénophobie et le sectarisme peuvent devenir des 
armes. Les communautés se barricaderont dans des camps hostiles 
et habités par la peur, avec à leur tête des populistes comme 
eux et des extrémistes." 
 
 (Anthony Deutsch; Henri-Pierre André et Laura Martin pour le 
service français) 
 
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