L'Onu discute avec la Russie d'une trêve "applicable" à Alep

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    GENEVE, 11 août (Reuters) - Les Nations unies discutent avec 
la Russie d'une trêve humanitaire applicable à Alep, la grande 
ville du nord de la Syrie où s'affrontent les forces 
pro-gouvernementales et des groupes rebelles. 
    Jan Egeland, conseiller humanitaire de l'Onu, a déclaré 
jeudi à la presse que ces discussions se poursuivraient dans les 
prochains jours. 
    L'Onu réclame une trêve humanitaire de 48 heures pour 
permettre l'acheminement d'une aide d'urgence aux civils pris au 
piège par les combats et l'évacuation des malades et des 
blessés. 
    "La délégation russe a confirmé sa volonté de discuter avec 
nous pour tenter de nous entendre sur une pause humanitaire 
applicable qui nous permette d'utiliser la route d'Alep pour 
aider les populations démunies de l'est comme de l'ouest", a dit 
Egeland, faisant allusion à la route du Castello, dans le nord 
de la ville, coupée début juillet par les forces 
pro-gouvernementales. 
    Alep est divisé depuis 2012 entre forces 
pro-gouvernementales et rebelles. La route du Castello est 
cruciale pour l'approvisionnement des quartiers Est sous 
contrôle des insurgés. L'Onu estime qu'il reste entre 250.000 et 
275.000 habitants dans ces quartiers et plus d'un million et 
demi dans la partie gouvernementale. 
    "Il nous faut 48 heures parce qu'il y a tellement de gens, 
que les convois doivent être gros, que la route est si abîmé, 
qu'il y a tellement de mines, tant de dangers, une logistique si 
compliquée. Il nous faut du temps, il nous faut chaque semaine 
48 heures", a insisté Egeland. 
    La Russie, qui soutient politiquement et militairement le 
président Bachar al Assad, avait annoncé mercredi qu'une pause 
dans les combats interviendrait chaque jour à partir de ce jeudi 
entre 10h00 locales (07h00 GMT) et 13h00, pour faciliter l'accès 
de l'aide humanitaire.   
    Mais l'Onu a jugé que ce laps de temps était trop court. Et, 
selon des groupes rebelles et un témoin, les combats se sont 
poursuivis jeudi matin après le début théorique de cette trêve 
temporaire.   
    Des sources médicales et un groupe de protection civile ont 
par ailleurs rapporté qu'un quartier d'Alep tenu par les 
rebelles avait été la cible mercredi d'une attaque chimique. 
Hamza Khatib, qui dirige l'hôpital Al Qods d'Alep, a dit à un 
photographe de Reuters que l'hôpital avait répertorié quatre 
morts par intoxication au gaz ainsi que 55 blessés, dont sept 
recevaient toujours des soins hospitaliers. 
    "Nombre d'éléments montrent que cela s'est en effet 
produit", a déclaré à Genève l'envoyé spécial de l'Onu pour la 
Syrie, Staffan de Mistura. Si ce bombardement est confirmé, il 
sera constitutif d'un "crime de guerre", a poursuivi le 
diplomate, qui a ajouté qu'une enquête était en cours. 
  
 
 (Stephanie Nebehay avec John Davison à Beyrouth; Laura Martin 
et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • charleco il y a 4 mois

    L'ONU est dirigée par les USA et la "coalition occidentale" profite des trêves pour réarmer les islamistes.