L'Onu dénonce la déchéance de nationalité du chef chiite bahreïni

le , mis à jour à 15:46
0
 (Actualisé avec nouvelle réaction iranienne § 5-6) 
    par Tom Miles 
    GENEVE, 21 juin (Reuters) - La décision prise par les 
autorités de Bahreïn de déchoir de sa nationalité le chef 
spirituel de la majorité chiite du petit royaume du Golfe n'est 
pas justifiée en droit international, ont commenté mardi les 
services du Haut Commissaire des Nations unies pour les droits 
de l'homme. 
    "Attendu que la procédure n'a pas été suivie, elle ne peut 
pas être justifiée", a dit la porte-parole Ravina Shamdasani. 
    La déchéance de nationalité de l'ayatollah Issa Qassim a été 
annoncée lundi par les autorités de Bahreïn, où la famille 
régnante des Khalifa est issue de la minorité sunnite. 
    Elle a été condamnée par les Etats-Unis, pourtant alliés de 
Manama, qui se sont dit "alarmés" par cette décision. 
    L'Iran chiite a estimé de son côté, par le biais du corps 
des gardiens de la Révolution, que cette décision était de 
nature à déclencher une "révolution islamique" à Bahreïn.  
    "Il ne fait aucun doute que la décision déraisonnable des 
Khalifa contre le plus haut dignitaire chiite attisera la flamme 
d'un mouvement révolutionnaire islamique à Bahreïn et façonnera 
une rébellion dévastatrice contre les dirigeants sous dépendance 
de ce pays", assure les pasdaran dans un communiqué relayé mardi 
par l'agence de presse Fars. 
    La veille, le général Qassem Soleimani, commandant de la 
brigade Al Qods des gardiens de la Révolution, avait affirmé que 
les autorités de Bahreïn avaient franchi "une ligne rouge" et 
que le "régime assoiffé de sang" des Khalifa serait renversé. 
     
    "INTENSIFICATION DE LA RÉPRESSION" 
    Selon le ministère bahreïni de l'Intérieur, l'ayatollah 
Qassim a été sanctionné pour avoir tenté de diviser la société, 
encouragé les jeunes à violer la Constitution et favorisé les 
divisions religieuses du pays. 
    La déchéance de nationalité, a rappelé Ravina Shamdasani, 
est possible sous certaines conditions mais doit servir un 
intérêt légitime, être proportionnelle aux intérêts protégés et 
s'accompagner d'un droit de recours. 
    Or, à Bahreïn, a-t-elle dit, "nous parlons d'un minimum de 
250 personnes qui ont été déchues de leur nationalité, et 
certaines estimations sont beaucoup plus élevées, ce qui est 
clairement injustifié". 
    "Nous sommes très préoccupés par cette intensification de la 
répression contre les libertés d'expression et d'association et 
le droit à une nationalité", a poursuivi la représentante de 
l'Onu. 
    En 2011, les autorités de Bahreïn, avec l'aide de l'Arabie 
saoudite, ont violemment réprimé une révolte de la majorité 
chiite qui demandait des réformes et une meilleure 
représentation dans les institutions. 
    La déchéance de nationalité d'Issa Qassim est intervenue 
moins d'une semaine après la suspension par la justice des 
activités du principal parti d'opposition, le mouvement chiite 
Al Wefaq, accusé de fomenter une révolte religieuse avec l'aide 
d'un "pays étranger", allusion à l'Iran. 
 
 (avec Bozorgmehr Sharafedin à Dubaï; Laura Martin et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant