L'Onu condamne la poursuite des violences au Yémen

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(Actualisé avec déclarations du chef des rebelles chiites houthis) SANAA/NATIONS UNIES, 20 janvier (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a condamné mardi la poursuite des violences au Yémen entre les miliciens chiites houthis et la garde présidentielle, appelant à la fin immédiate des hostilités et au rétablissement de l'ordre à Sanaa, la capitale secouée depuis deux jours par des combats. Sur place, dans la soirée, des miliciens houthis ont pénétré dans le palais présidentiel de Sanaa, la capitale. "Cette décision est sérieuse et nous n'hésiterons pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en oeuvre l'accord de paix et de partenariat", a expliqué dans la soirée Abdel-Malek al Houthi, le chef de ce groupe rebelle chiite qui est entré dans la capitale yéménite en septembre dernier et a obtenu un accord de partage du pouvoir. Dans un discours retransmis en direct à la télévision, il a ajouté que nul ne pouvait se placer au-dessus de cet accord, "pas même le président" Abd-Rabbou Mansour Hadi. Al Houthi a également accusé ce dernier de tolérer la corruption et de refuser de mobiliser l'armée pour lutter contre les djihadistes d'Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). D'après la ministre yéménite de l'Information, Nadia al Sakkaf, la résidence privée du président Abd-Rabbou Mansour Hadi a été bombardée par des "milices qui cherchent à renverser le pouvoir en place". Un responsable gouvernemental a déclaré que des affrontements se poursuivaient autour de la résidence mais que le chef de l'Etat allait bien. Hadi ne vit pas dans son palais. La tension s'est exacerbée entre le président Hadi et les miliciens chiites depuis que ces derniers ont enlevé samedi son chef de cabinet Ahmed Aouad ben Moubarak afin de disposer d'un moyen de pression dans les discussions sur la nouvelle Constitution dont doit se doter le pays. Les Houthis, qui ont conquis des territoires du centre et de l'ouest du pays jusqu'alors sous domination sunnite, réclament une nouvelle loi fondamentale qui leur soit plus favorable. Considérés comme les alliés de l'Iran dans la lutte d'influence qui l'oppose à l'Arabie saoudite dans la région du Golfe, ils doivent compter avec la résistance des insurgés sunnites de la branche locale d'Al Qaïda, qui a revendiqué la responsabilité de la tuerie de Charlie Hebdo le 7 janvier à Paris. "Le secrétaire général (Ban) est sérieusement préoccupé par l'aggravation de la situation au Yémen", a déclaré le bureau de presse de l'Onu dans un communiqué. "Il condamne les violents affrontements entre les groupes armés Ansarallah (ndlr, les milices houthis) et les gardes présidentiels yéménites à Sanaa." Le Conseil de sécurité de l'Onu s'est réuni pour examiner la situation dans le pays. L'envoyé spécial de l'Onu au Yémen, Djamal Benomar, a déclaré aux représentants des Quinze, par visioconférence, que les Houthis avaient convaincu des unités militaires de ne pas les combattre, selon un diplomate qui assistait à la réunion. D'intenses tirs d'artillerie et fusillades avaient déjà opposé lundi les troupes gouvernementales et les miliciens chiites près du palais présidentiel, faisant au moins neuf morts selon le gouvernement. (Sami Aboudi; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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