L'Onu appelle à faire pression sur les rivaux libyens

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GENEVE, 25 mars (Reuters) - Les pays ayant de l'influence sur les mouvements qui se disputent le pouvoir en Libye doivent faire pression pour qu'ils acceptent un accord politique, a déclaré mercredi à Genève Claudio Cordone, chef de la division des droits de l'homme de la Minsul, la mission des Nations unies en Libye. Il a aussi demandé à ces pays -- il a cité les Emirats arabes unis, l'Egypte, le Qatar et la Turquie -- de participer aux efforts internationaux en vue de stopper l'envoi d'armes aux groupes rivaux qui s'affrontent à travers le pays. La Libye a actuellement deux gouvernements et deux parlements. Le Premier ministre Abdallah al Thinni, seul reconnu par la communauté internationale, a dû se réfugier dans l'est du pays après la prise de la capitale, Tripoli, par les miliciens de l'Aube libyenne en août dernier. Lors d'une conférence de presse, Claudio Cordone a souligné qu'il y avait des modérés dans les deux camps mais aussi des gens qui cherchent à faire capoter tout accord politique. Il y actuellement entre 100.000 et 300.000 hommes en armes en Libye, a-t-il poursuivi. Lors de la révolution de 2011 contre Mouammar Kadhafi, 30.000 hommes avaient pris part aux combats, a-t-il rappelé. Selon lui, il y aurait entre 1.000 et 1.500 combattants djihadistes se réclamant de l'Etat islamique (EI). "La chose essentielle, c'est de convaincre les puissances régionales qui contrôlent vraiment le robinet des armes et de l'argent", a-t-il dit. "Malheureusement, il y beaucoup d'argent en Libye et c'est un levier parfois difficile à utiliser." Il n'a pas précisé quels pays fournissaient des armes aux belligérants mais a cité quatre Etats qui pourraient faire pression sur les deux camps. "Tout le monde sait que les pays qui ont de l'influence sur les factions libyennes sont d'un côté les Emirats et l'Egypte, de l'autre le Qatar et jusqu'à un certain point la Turquie", a poursuivi le responsable de l'Onu. "Ces gens-là, s'ils font vraiment pression sur le parlement de Tobrouk (qui appuie Thinni) ou sur l'autre camp afin de parvenir à un accord, cela faciliterait bien les choses." Le général Khalifa Haftar, chef des forces fidèles à Thinni, a lancé ce mois-ci une offensive pour tenter de chasser l'Aube libyenne de Tripoli, juste au moment de la reprise des négociations menées sous l'égide des Nations unies. "C'est très clair, ils (Haftar et ses hommes) ne veulent pas d'un accord", a estimé mercredi Claudio Cordone. (Tom Miles, Guy Kerivel pour le service français)

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