L'Onu accuse tous les camps de crimes de guerre en Libye

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(Actualisé, précisions, exécutions commises par l'EI, contexte) GENEVE, 16 novembre (Reuters) - Toutes les parties engagées dans le conflit libyen commettent des violations du droit international qui pourraient équivaloir à des crimes de guerre, parmi lesquelles des enlèvements, des tortures et le meurtre de civils, ont déclaré lundi les Nations unies. Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont étendu et consolidé leur emprise sur plusieurs zones du territoire libyen, "commettant de grossières atteintes (aux droits de l'homme), parmi lesquelles des exécutions sommaires et publiques de personnes sur la base de leur religion ou de leur affiliation politique", lit-on dans un rapport conjoint du Haut Commissariat des droits de l'homme des Nations unies et de la Manul (Mission d'appui des Nations unies en Libye). Dans son rapport, l'Onu estime que "toutes les parties prenantes aux conflits en Libye continuent de commettre des violations des droits de l'homme internationaux et du droit humanitaire, ainsi que des atteintes aux droits de l'homme, dont des attaques aveugles et disproportionnées; des exécutions sommaires et autres meurtres illégaux; des privations arbitraires de liberté; et des tortures et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants". Quatre ans après le renversement de Mouammar Kadhafi, la Libye est en proie à un conflit opposant deux gouvernements: celui que reconnaît la communauté internationale, qui siège dans l'est du pays, et un gouvernement autoproclamé contrôlant Tripoli, soutenu par de nombreuses factions armées. Des groupes armés faisant allégeance à l'EI contrôlent des zones du centre de la Libye, dont les régions de Syrte, Harawa et Nofliya, et ils ont revendiqué un certain nombre d'attaques, visant pour certaines des champs pétrolifères et des postes de contrôle, lit-on dans le rapport onusien. Les djihadistes de l'EI sont accusés par l'Onu d'exécutions sommaires, de décapitations et d'amputations, notamment dans leur bastion de Syrte, sur la mer Méditerranée, et à Derna, plus à l'est, dont ils ont finalement été chassés par des milices locales. Parmi leurs victimes figurent des Coptes égyptiens, des Ethiopiens, des Erythréens et des Soudanais du Sud. Certains étaient accusés de "trahison", d'autres de relations homosexuelles, mais aucun n'a pu bénéficier d'un procès en bonne et due forme, ajoute le rapport qui couvre la période octobre 2014-octobre 2015. Tous les responsables de ces crimes, y compris les dirigeants politiques et les chefs des groupes armés, sont passibles de poursuites de la part de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui enquête déjà sur la situation en Libye. "De nombreux migrants, des demandeurs d'asile et des réfugiés sont victimes d'une violence brutale, de coercition et violations des droits de l'homme le long des voies de contrebande, ainsi que dans les zones où ils attendent de pouvoir partir pour l'Europe", ajoute le rapport. (Tom Miles et Stephanie Nebehay; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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