L'Onu accuse l'armée sud-soudanaise d'exactions contre des civils

le
0
    GENEVE, 4 août (Reuters) - Des membres des troupes 
gouvernementales et des forces de sécurité du Soudan du Sud ont 
tué des civils et violé des femmes et des jeunes filles le mois 
dernier lors d'affrontements à Juba, la capitale du plus jeune 
pays africain, ont déclaré jeudi les Nations unies. 
    Zeid Ra'ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations unies 
aux droits de l'homme, a publié un communiqué dans lequel il 
enjoint au président Salva Kiir de poursuivre en justice les 
responsables.  
    Il demande également au Conseil de sécurité de l'Onu de 
prendre rapidement des mesures pour stopper les violences entre 
partisans de Salva Kiir et de son ancien vice-président Riek 
Machar. 
    "Alors que certains civils ont été tués dans des échanges de 
tirs entre les deux camps, il a été rapporté que d'autres ont 
été exécutés sommairement par les soldats du gouvernement, qui 
visaient plus spécifiquement des personnes de l'ethnie Nuer", 
déclare Zeid Ra'ad Al Hussein dans ce communiqué détaillant les 
résultats d'une enquête de son bureau. 
    Selon le Haut-Commissaire, des militaires de l'Armée 
populaire de libération du Soudan (SPLA) ont arrêté le 11 
juillet huit Nuers lors d'un raid dans des maisons du quartier 
Munuki, à Juba, et les ont emmenés dans deux hôtels des 
environs, "où ils ont tué quatre d'entre eux".   
    Un journaliste de la même ethnie aurait été tué par des 
membres de la SPLA dans un autre hôtel le même jour. L'Onu a 
dénombré au total 73 civils tués mais le bilan pourrait 
s'alourdir, souligne Zeid Ra'ad Al Hussein.  
    "Les combats ont aussi provoqué des violences sexuelles, y 
compris des viols et des viols collectifs par des militaires en 
uniforme et des hommes en civil", ajoute-t-il. 
    Du 8 au 25 juillet, l'Onu a relevé 217 cas de violences 
sexuelles à Juba. 
    Mardi, le président sud-soudanais Salva Kiir a limogé six 
ministres alliés de son rival Riek Machar, risquant d'enflammer 
davantage encore le conflit qui déchire le Soudan du Sud, 
indépendant depuis 2011, et oppose Dinkas et Nuers, les ethnies 
respectives de Salva Kiir et Riek Machar.   
 
 (Stephanie Nebehay, Laura Martin pour le service français, 
édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant