L'OMS veut une réglementation de la cigarette électronique

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(Actualisé détails, citations, contexte) par Stephanie Nebehay GENEVE, 26 août (Reuters) - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rendu public mardi un rapport dans lequel elle demande une réglementation stricte sur les cigarettes électroniques, notamment en interdisant leur vente aux mineurs et leur utilisation dans les espaces publics fermés. Le rapport, qui doit être débattu lors d'une réunion des pays membres de l'organisation sanitaire en octobre à Moscou, exprime une inquiétude face à la concentration d'un marché estimé à trois milliards de dollars entre les mains de multinationales du tabac. L'OMS, qui a lancé une campagne de santé publique contre le tabac il y a dix ans, propose une série d'"options réglementaires" sur la cigarette électronique et préconise qu'elle soit soumise aux mêmes restrictions que tous les autres produits contenant de la nicotine. Dans son rapport de 13 pages, l'organisation note qu'il existe 466 marques de "e-cigarettes" et que cette industrie représente une "frontière évolutive" de nature à menacer les efforts actuellement menés pour contrôler le tabagisme. L'OMS recommande notamment l'interdiction pour les fabricants de "e-cigarettes" de revendiquer que leurs produits puissent avoir des effets bénéfiques sur la santé en aidant les fumeurs à ne plus consommer des cigarettes traditionnelles. L'organisation estime que les fabricants doivent, pour se prévaloir de tels bénéfices, fournir "une preuve scientifique convaincante et obtenir une approbation réglementaire" de leurs affirmations. Bien qu'il semble établi que la cigarette électronique soit moins toxique que la cigarette traditionnelle, son usage constitue une menace pour les adolescents et le foetus chez la femme enceinte, affirme l'OMS. LES SCIENTIFIQUES DIVISÉS Les cigarettes électroniques doivent faire l'objet d'une réglementation afin de "minimiser le contenu et les émissions de produits toxiques", poursuit le rapport. Elles accroissent l'exposition des non-fumeurs à l'inhalation de nicotine et d'autres composants toxiques. Le rapport juge que les aérosols utilisés pour le "vapotage" ne sont pas seulement de la "vapeur d'eau", comme le revendiquent souvent les revendeurs de ces produits. Les adolescents sont de plus en plus nombreux à utiliser l'e-cigarette puisque le nombre de consommateurs dans ce groupe d'âge a doublé entre 2008 et 2012. Les arômes aux fruits, aux saveurs de bonbons ou de boissons alcoolisées doivent être interdits et les distributeurs proposant ces produits doivent être supprimés, juge encore l'OMS. Les scientifiques demeurent divisés sur les risques et les bénéfices potentiels de la cigarette électronique qui est largement considérée comme moins nocive que les cigarettes traditionnelles. Un groupe de chercheurs avait appelé en mai l'OMS à ne pas classer la cigarette électronique parmi les produits tabagiques expliquant que cela risquait de compromettre la possibilité de réduire les maladies et le nombre de décès provoqués par le tabac. Un autre groupe d'experts avait affirmé un mois plus tard que l'organisation sanitaire devait rester ferme dans son projet d'une réglementation stricte. (Stephanie Nebehay; Pierre Sérisier pour le service français)

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