L'ombre du contentieux en mer de Chine au sommet Europe-Asie

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    * Pas de référence au litige dans le communiqué final 
    * Mais le sujet était au coeur des discussions 
 
    par Sue-Lin Wong et Terrence Edwards 
    OULAN-BATOR, 16 juillet (Reuters) - Les dirigeants d'Europe 
et d'Asie réunis vendredi et samedi à Oulan-Bator, en Mongolie, 
n'ont fait aucune référence explicite au contentieux en mer de 
Chine du Sud dans le communiqué final de ce sommet, alors même 
que le sujet a fait l'objet d'âpres discussions pendant deux 
jours selon des diplomates présents. 
    La question, hautement sensible, a refait surface à la suite 
d'une décision de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La 
Haye rendue mardi dernier, donnant gain de cause aux Philippines 
dans leur litige avec la Chine. 
    Le tribunal a jugé qu'il n'y avait "aucun fondement 
juridique pour que la Chine revendique des droits historiques 
sur des ressources dans les zones maritimes" de la majeure 
partie de la mer de Chine du Sud. 
    Le gouvernement chinois a réagi en affirmant qu'il prendrait 
toutes les mesures nécessaires pour protéger ce qu'il considère 
être sa souveraineté en mer de Chine du Sud et annoncé avoir le 
droit d'y aménager une zone de défense aérienne. 
    Par la suite, les représentants se sont rendus au sommet 
Europe-Asie d'Oulan-Bator en faisant savoir qu'ils ne 
souhaitaient pas y aborder la question car, disaient-ils, ce 
n'était pas le lieu. 
    Dans la déclaration publiée samedi, les pays présents 
réaffirment leur engagement à promouvoir la sécurité en mer, la 
la coopération entre Etats, la liberté de naviguer et de 
survoler le territoire de pays étrangers. 
    Ils ajoutent que la législation internationale, en 
l'occurrence la Convention des Nations Unies sur le droit de la 
mer, doit s'appliquer pour résoudre les contentieux, mais 
n'évoquent pas directement le cas de la mer de Chine du Sud. 
     
    NÉGOCIATIONS "INTENSES" 
    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a malgré tout 
dit à la presse son espoir que la décision de la Haye constitue 
une première étape sur la voie d'une résolution du conflit entre 
la Chine et certains de ses voisins en Asie. 
    "Ce n'est pas très évident de tomber d'accord avec nos 
partenaires chinois lorsqu'on aborde ces sujets, cependant nos 
discussions ont été difficiles, dures mais aussi pleines de 
promesses", a-t-il déclaré. 
    Vendredi, l'Union européenne a publié un communiqué prudent 
en réaction à l'arbitrage de La Haye, soulignant en creux les 
divergences entre pays membres sur l'attitude à adopter 
vis-à-vis de la Chine.   
    Selon un diplomate russe, qui a participé au sommet, les 
pays occidentaux font preuve d'un trop grand orgueil.  
    "Si vous comprenez comment vivent les autres, vous devenez 
plus tolérant à leur égard", a-t-il commenté. "Les occidentaux 
commencent toujours par se comporter comme des professeurs. On 
n'agit jamais de la sorte en Asie." 
    Les négociations sur la rédaction du communiqué final ont 
été "intenses", a raconté un diplomate mongol. 
    "Les Européens avaient beaucoup d'attentes au sujet de la 
mer de Chine du Sud, mais pas les représentants asiatiques", 
selon ce même diplomate. 
    La zone concernée par le jugement rendu mardi couvre 3,5 
millions de kilomètres carrés de mer où la Chine développe 
depuis quelques années sa présence en poldérisant des récifs et 
en y construisant des installations navales et aériennes, mais 
aussi en déployant des patrouilleurs qui refoulent les bateaux 
de pêche philippins. 
 
 (Simon Carraud pour le service français) 
 
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