L'ombre de Jean-Marie Le Pen plane sur l'université d'été du FN

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MARSEILLE, 4 septembre (Reuters) - La guerre entre Marine Le Pen et son père Jean-Marie pourrait connaître un nouvel épisode ce week-end à Marseille, où le Front national organise son université d'été en présence de 2.000 militants. La présidente de la formation d'extrême droite a prévu d'y mobiliser ses troupes pour les régionales de décembre, lors desquelles le FN espère s'emparer de plusieurs exécutifs régionaux, dont celui de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA). Mais Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du parti le 20 août, notamment pour la répétition de ses propos sur les chambres à gaz nazies, a bien l'intention de venir jouer le trouble-fête. Celui qui reste le président d'honneur du parti, qu'il a créé en 1972, a en effet programmé samedi une conférence de presse dans le XIIIe arrondissement de Marseille. Le choix du lieu n'a rien d'anodin : il est situé dans le quartier de Château-Gombert, sur les terres d'élection de Stéphane Ravier, l'un des deux sénateurs du mouvement et maire de ce secteur du nord de la ville. A 87 ans, Jean-Marie Le Pen partagera aussi un "déjeuner-débat patriotique" avec plus de 300 de ses soutiens, dont plusieurs élus locaux qui se disent prêts à le suivre s'il décidait de se présenter au scrutin de décembre. "Les listes sont bouclées, on attend son feu vert. Cette mobilisation montre l'influence qui est toujours la sienne dans cette région", explique l'un d'eux, rappelant la "légitimité" de l'octogénaire en PACA où il est élu régional depuis 1992. La direction du FN craint surtout que le "menhir" ne vienne défier sa fille sur son propre terrain, celui de l'université d'été elle même où, d'après ses proches, le député européen devrait se rendre. Le 1er mai, Jean-Marie Le Pen, vêtu d'un imperméable rouge, s'était inscrusté sur scène juste avant le discours de sa fille. Un combat médiatique jugé par avance "dérisoire" par sa fille. "Disons que c'est notre petite Femen personnelle, en quelque sorte", a-t-elle dit mercredi sur LCI-Radio Classique en référence aux femmes à seins nus qui perturbent certains événements. "L'objectif est évidemment de venir gêner l'université d'été, de créer un incident si c'est possible, un buzz médiatique qui couvrira les messages extrêmement importants que le FN a à faire passer aux Français", a-t-elle regretté. La présidente du FN affirme ne pas vouloir laisser son père perturber le lancement officiel d'une campagne des régionales, qu'elle conduira personnellement en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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