L'OM, droit aux doutes

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L'OM, droit aux doutes
L'OM, droit aux doutes

Incapable de prolonger sa série, l'Olympique de Marseille a concédé sa sixième défaite de la saison en championnat. Et si Michel a affirmé ne pas être préoccupé, il est bien le seul.

Et soudain, les virages du Vélodrome en ont eu assez. « Allez les chèvres », « Vendez le club et cassez-vous »… Il restait cinq minutes à jouer entre Marseille et Nice quand les chants d’encouragement ont disparu, remplacés par une longue bronca et des slogans qui en disent long sur la frustration actuelle des supporters de l’OM. Joueurs, dirigeants : tous ont eu droit aux critiques compréhensibles d’un stade au bord de la crise de nerf. Enfin non, pas tous. Michel est encore passé entre les gouttes, ce qui n’a pas empêché l’entraîneur marseillais d’afficher la mine des mauvais jours lors de sa conférence d’après-match. « Je suis plus déçu que préoccupé, a lâché le technicien espagnol après la sixième défaite de son équipe, désormais treizième à dix points de la deuxième place. Parfois, on a l’impression que l’équipe prend son envol. Et ensuite, il y a un coup de frein. »

Trois victoires pour mieux se vautrer face à Nice

C’est en effet le mal chronique de l’OM cette saison, incapable de surfer sur ses victoires probantes ou ses prestations encourageantes. Cinq jours après la claque infligée à Troyes fin août, Marseille avait ainsi chuté à Guingamp. Et dans la foulée du large succès devant Bastia mi-septembre puis d’une rencontre aboutie face à Lyon, les coéquipiers de Mandanda avaient sombré en accueillant Angers. Vous pensiez l’OM sur la bonne voie après la défaite cruelle au Parc des Princes ? Lorient a calmé les ardeurs deux semaines plus tard. Et quand les Marseillais enchaînent enfin trois victoires consécutives (Lille, Nantes et Braga), c’est pour mieux se vautrer à domicile face à Nice. « Je répète à mes joueurs qu’il ne faut pas jouer n’importe comment mais bien en équipe, martèle un Michel dont le message ne passe visiblement pas encore. Personne ne peut résoudre tous les problèmes à lui seul et il faut absolument jouer en équipe. »

Une sacrée bouillabaisse pour le cuisinier Michel

Et c’est bien là le problème : l’OM n’est pas encore une équipe. En trois mois, il a surtout fallu digérer la vente de tout le secteur offensif et le départ surprise de Marcelo Bielsa au soir de la première journée. Une sacrée bouillabaisse pour le cuisinier Michel, qui découvre la L1 en même temps que l’ampleur de la tâche qui l’attend à Marseille. Pas vraiment renforcé par un Mercato effectué dans l’urgence et raté dans les grandes lignes, le coach espagnol s’efforce depuis plusieurs semaines à installer un esprit collectif, s’appuyant sur ses trop rares cadres pour encadrer des étrangers qui débarquent ou des jeunes sans expérience. Et quand ils manquent presque tous à l’appel comme face à Nice dimanche soir ? « Il ne faut pas parler des absences, notamment celle de Lassana Diarra car jeudi contre Braga, on a gagné sans lui, a justifié Michel. Les absences de certains joueurs n’ont pas fait la différence. Pour que l’on s’améliore, il va falloir être plus concentré. »

Des défaillances individuelles à répétition

Il va surtout falloir que les joueurs répondent enfin présent sur la durée. Car si Michel est toujours à la recherche de la meilleure formule entre équilibre défensif et pouvoir offensif, il n’est pas aidé par les défaillances individuelles à répétition depuis son arrivée sur la Canebière. Des recrues (Rolando, De Ceglie, Cabella ou encore Ocampos pour ne citer qu’eux) pas au niveau espéré, un patron de la défense (Nkoulou) qui traine le spleen d’un transfert raté… Même Batshuayi, auteur de huit buts en L1, s’est mis en tête de tout faire tout seul faute d’un collectif performant. Du coup, à l’exception du jeune attaquant belge, de Diarra et de Mandanda, personne ne peut se prévaloir d’un bon début de saison. On ne parle même pas de Diaby, que certains supporters voient pourtant aujourd’hui comme le seul sauveur possible de cet OM en pleine dérive. C’est dire le désespoir qui sévit actuellement dans les travées du Vélodrome.

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