L'Oklahoma s'inquiète des séismes liés au pétrole de schiste

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L'OKLAHOMA S'INQUIÈTE DES SÉISMES LIÉS AU PÉTROLE DE SCHISTE
L'OKLAHOMA S'INQUIÈTE DES SÉISMES LIÉS AU PÉTROLE DE SCHISTE

par Yeganeh Torbati

(Reuters) - Une récente série de secousses sismiques dans l'Etat américain de l'Oklahoma a contraint l'autorité locale de régulation de l'énergie à envisager en urgence des restrictions supplémentaires sur l'activité de forage liée au gaz et au pétrole de schiste, a déclaré mercredi un porte-parole.

Entre les 17 et 24 juin, 35 secousses d'une magnitude égale ou supérieure à 3,0 y ont été enregistrées, selon l'institut géologique de l'Oklahoma. Source d'inquiétude supplémentaire pour le régulateur, certaines de ces secousses se sont produites dans la région métropolitaine d'Oklahoma City, où il n'existe pas de puits d'injection d'eau à haute pression.

Il y a deux mois, de nouvelles règles concernant l'élimination des eaux usées issues du forage sont entrées en vigueur sur ordre de l'OCC (Oklahoma Corporation Commission), l'autorité de régulation de l'industrie des hydrocarbures.

Ces règles interdisent d'éliminer les eaux usées saumâtres sous la formation géologique la plus profonde, une pratique qui est considérée comme l'une des principales causes des tremblements de terre, et elles obligent les exploitants à réduire la profondeur de leurs puits de forage.

"Nous devons à nouveau revoir notre approche", a déclaré le porte-parole de l'OCC Matt Skinner. "Il y a eu une énorme hausse (des secousses). Cela change la donne."

Selon l'USGS, l'institut géologique fédéral, une telle multiplication des secousses accroît la possibilité d'un séisme catastrophique à l'avenir.

L'Oklahoma connaît une augmentation de son activité sismique depuis 2009, qui coïncide avec une forte expansion de son activité de forage. La production pétrolière de cet Etat du Middle West a doublé au cours des sept dernières années.

Avant le pic de la semaine écoulée, les séismes survenaient d'ordinaire une à deux fois par jour, selon les chiffres de l'USGS. Avant 2009, ils se produisaient une à deux fois par an.

Les scientifiques attribuent cette multiplication des secousses à la forte hausse des quantités d'eaux usées salées injectées dans le sous-sol. Entre 1997 et 2013, ces volumes de liquides injectés ont doublé, passant de 80 à 160 millions de barils par mois.

Des militants locaux appellent à un moratoire sur l'activité pétrolière mais la plupart des élus locaux rechignent à sanctionner une industrie qui représente plus de 7% des recettes de l'Etat grâce aux taxes prélevées sur la production, sans compter les emplois et revenus indirects.

(Yeganeh Torbati; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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